La nouvelle aide validée, la Grèce est placée en soins palliatifs
Les ministres des Finances de la zone euro ont trouvé un accord sur le second plan d’aide à la Grèce. La restructuration de sa dette publique commence pour faire face à l’échéance de remboursement, le 20 mars.
Les ministres des Finances de la zone euro ont trouvé un accord sur le second plan d’aide à la Grèce. La restructuration de sa dette publique commence pour faire face à l’échéance de remboursement, le 20 mars.
En validant un second plan de sauvetage de 130 milliards d’euros, au petit matin du mardi 21 février, les ministres des Finances de la zone euro ont seulement accordé à Athènes un répit supplémentaire. A la suite de près de treize heures de négociations, les « 17 » ont finalement arrêté la cible d’endettement public de 120,5% du PIB d’ici 2020.
Restructuration en marche
La contribution des créanciers privés à la réduction de la dette grecque a été sensiblement augmentée. Ils ont consenti à une décote de 53,5% sur leurs obligations, ce qui permettra d’effacer plus de 100 milliards d’euros. En tenant compte des termes des nouvelles obligations, toutefois, la perte nette endossée par les créanciers privés dépassera les 70%.
Selon des déclarations du ministre grec des Finances, Evangelos Vénizélos, l’opération d’échanges de titres devrait commencer dès cette semaine et se conclure début mars. A cette date, les autorités du pays devront également avoir mis en œuvre certaines des mesures prioritaires du nouveau programme si elles veulent obtenir un premier décaissement. Elles doivent rembourser 14,5 milliards d’euros de dettes arrivées à échéance le 20 mars.
La Banque centrale européenne et les banques centrales nationales de la zone euro participeront également au plan en renonçant à certains bénéfices réalisés sur les titres grecs qu’elles détiennent.
Surveillance renforcée
Dans le cadre de ce deuxième plan de sauvetage, les pouvoirs de la Troïka (UE-FMI-BCE), qui supervise la mise en place des réformes, seront encore renforcés. La Commission européenne enverra bientôt des dizaines d’inspecteurs permanents à Athènes afin d’assurer la bonne marche technique du programme et d’en surveiller la mise en œuvre.
Cette présence sur le sol grec sera accompagnée de la création d’un compte spécial permettant de traiter de manière prioritaire les remboursements de dette grecque, dont le principe sera inscrit dans la constitution sous deux mois. L’eurogroupe a ainsi approuvé une idée que Nicolas Sarkozy et Angela Merkel avait évoquée pour la première fois à l’issue du Conseil des ministres franco-allemand le 6 février à Paris.
Remède palliatif
Diplomates et économistes n’attendent pas de ce nouveau plan de renflouement qu’il règle tous les problèmes économiques grecs du jour au lendemain. Beaucoup estiment qu’il faudra au moins dix ans pour y parvenir et évoquent déjà la possibilité d’une aide supplémentaire à l’avenir.
Le nouveau plan d’aide fait surtout office de traitement palliatif. L’économie grecque s’est contractée de 7% l’an dernier et devrait connaître une cinquième année consécutive de récession en 2012. Quant à l’arsenal de nouvelles mesures d’austérité, il devrait encore aggraver la situation.
Selon des informations du Financial Times, qui a pu se procurer le rapport confidentiel de la Troïka évaluant la soutenabilité de la dette grecque, ce second plan d’aide semble voué à l’échec. Le document pointe la contradiction fondamentale entre l’objectif de réduction de la dette et celui d’améliorer la compétitivité du pays. C’est le serpent qui se mord la queue, car la dévaluation interne requise pour y parvenir génèrera inévitablement un accroissement de la dette à court terme.