La NUPES en danger sans union aux élections européennes, déclare Jean-Luc Mélenchon
Le leader de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon a évoqué la possibilité d’une disparition de la NUPES si les partis choisissaient de ne pas présenter une liste unique aux élections européennes de 2024. Les avis divergent considérablement au sein des partis membres de la coalition de gauche.
Le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, a évoqué la possibilité d’une disparition de la NUPES si les partis choisissaient de ne pas présenter une liste unique aux élections européennes de 2024. Les avis divergent considérablement au sein des partis membres de la coalition de gauche.
Dans un entretien publié lundi (5 juin) dans le quotidien 20 Minutes, l’ancien candidat à l’élection présidentielle Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise, LFI) a été interrogé sur la création d’une liste unique des forces de gauche, composantes de la NUPES, en vue des élections européennes de 2024.
En plus de LFI, l’alliance scellée en juin 2022 pour les élections législatives françaises réunit le Parti socialiste (PS), Europe Ecologie – les Verts (EELV) et le Parti communiste français (PCF).
En l’absence d’une liste unique, la fin de la NUPES est « possible », a jugé M. Mélenchon.
« Nous [les partis de la NUPES] sommes différents sur l’Europe », a reconnu M. Mélenchon, avant de faire valoir que les forces de gauche votent ensemble « dans 90 % des cas ».
Selon l’ancien député « nous avons la possibilité d’être en tête » : il faut saisir cette occasion, plaide-t-il, et « envoyer un signal enthousiasmant à toute l’Europe ».
En effet, selon un sondage de l’institut Cluster17, publié fin mai, une liste unie de la gauche arriverait en première place (27 %), devant le Rassemblement national de Marine Le Pen (25,5 %) et Renaissance d’Emmanuel Macron (23 %).
Les autres partis sceptiques
Or les autres partis de la NUPES sont, à ce stade, sceptiques à l’idée d’une telle liste unique, car elle permettrait d’élire moins d’eurodéputés que dans le cas où chacun aurait une liste autonome. Selon le même sondage de Cluster17, semblable à ceux d’autres instituts, les partis de gauche récolteraient plus de voix s’ils se présentent divisés : EELV et LFI obtiendraient 11 % chacun, le PS 9 % et le PCF 4 %, pour un total de 35 %.
Même en excluant le PCF – car le seuil pour envoyer des élus à Bruxelles est de 5 % en France – le total demeure plus élevé en cas de listes séparées (31 %) qu’en cas de liste unique (27 %). Dans ce cas, les forces de gauche auraient davantage d’élus qu’en partant unies, le scrutin étant proportionnel.
Les concurrents du RN et de Renaissance seraient affaiblis (respectivement 24 % et 19,5 %) par rapport à un scénario de liste unique à gauche.
C’est sur ces arguments que se fonde Mélanie Vogel, sénatrice EELV, interrogée par EURACTIV lors du congrès des écologistes européens du week-end dernier (3-4 juin) : « nous obtiendrons un meilleur résultat en promouvant la spécificité de nos différents projets pour l’Europe », dès lors que « les Verts et la gauche radicale n’ont pas la même offre politique » concernant l’Europe, souligne-t-elle.
EELV est fédéraliste et a soutenu la constitution européenne lors du référendum de 2005, rappelle l’élue, tandis que Jean-Luc Mélenchon – et LFI après lui – s’est construit en opposition à ce projet, qui fut le motif de sa rupture avec les socialistes en 2008.
De plus, des listes autonomes par parti permettraient « d’envoyer le moins possible de députés d’extrême droite depuis la France ». S’agissant du « deuxième plus grand pays [de l’UE], elle influence la majorité potentielle au Parlement européen », avance l’écologiste.
Partir séparés ne signifie en rien renoncer à l’alliance au niveau national, se défend Mme Vogel, qui rappelle que l’accord de la NUPES en 2022 était une « nécessité », compte tenu du mode de scrutin majoritaire. De même, la NUPES est « une plateforme commune », utile pour avoir plus de sièges au Parlement français, mais aussi « en vue de la présidentielle de 2027 ». « Il faut trouver un candidat commun qui puisse aller au deuxième tour [de l’élection présidentielle] mais aussi gagner contre Marine Le Pen ».
En attendant, « après les élections, lorsque nous serons ensemble au Parlement européen nous pourrons coopérer », veut rassurer la sénatrice écologiste, au moment où la possibilité d’un rapprochement des droites se dessine.
[Propos de Mélanie Vogel recueillis par Max Griera]