La plateforme européenne d’achat de gaz atteint presque son objectif
La plateforme d’achats groupés de gaz, qui vise à faire correspondre la demande européenne en gaz avec les meilleures offres, a enregistré des offres totalisant 10,9 milliards de mètres cubes, remplissant ainsi presque l’obligation légale imposée, a annoncé la Commission européenne mardi (16 mai).
La plateforme d’achats groupés de gaz, qui vise à faire correspondre la demande européenne en gaz avec les meilleures offres, a enregistré des offres totalisant 10,9 milliards de mètres cubes, remplissant ainsi presque l’obligation légale imposée, a annoncé la Commission européenne mardi (16 mai).
En vertu du règlement sur le stockage de gaz, les États membres de l’UE sont tenus de remplir 15 % de leur capacité de stockage, soit 13,5 milliards de mètres cubes de gaz, via la plateforme.
Le premier appel d’offres a déjà permis de répondre à la demande européenne, grâce à des offres représentant près de 11 milliards de mètres cubes, le gaz naturel liquéfié (GNL) représentant un peu plus de 20 % et le gaz transporté par gazoduc un peu moins de 80 % de cette quantité.
« Ce n’est rien de moins qu’un succès remarquable », a déclaré Maroš Šefčovič, le vice-président de la Commission européenne aux Relations interinstitutionnelles, qui est également responsable de la supervision de la plateforme.
« [Ces résultats] montrent que nous avons eu raison de mettre en commun notre demande […] et de travailler ensemble pour remplir nos stocks de gaz pour l’hiver prochain », a-t-il précisé.
La plateforme a été mise en place pour assurer la sécurité énergétique de l’Europe avant l’hiver ainsi que pour faire baisser les prix, compte tenu des contraintes d’approvisionnement et de la diminution des importations de gaz bon marché en provenance de Russie.
« Nous pensons que nous contribuons également à la tendance que nous observons actuellement sur le marché du gaz, qui montre clairement que les prix baissent et qu’ils sont plus compétitifs pour les clients européens », a déclaré M. Šefčovič.
En regroupant la demande européenne, Bruxelles cherche à accroître le pouvoir d’achat de l’Europe sur des marchés internationaux tendus, ce qui profite particulièrement aux petits pays.
« La mise en commun est particulièrement positive dans les pays les plus vulnérables. Par exemple, les livraisons de gaz demandées par la Bulgarie ont été entièrement satisfaites. En Ukraine et en Moldavie, 100 % et 80 % des volumes demandés ont été respectivement compensés », a indiqué M. Šefčovič.
« C’est un excellent résultat pour un instrument qui n’existait pas il y a cinq mois », a-t-il ajouté.
L’offre dépasse la demande
Selon M. Šefčovič, la plateforme est devenue une nouvelle « place de marché dynamique » pour le gaz en Europe. Elle renforcera sa sécurité énergétique alors que le continent cherche à éliminer progressivement les approvisionnements russes.
La plateforme compte actuellement plus de 110 entreprises représentant des opérateurs gaziers et des consommateurs industriels de toute l’UE ainsi que des pays et régions comme l’Ukraine, la Moldavie et les Balkans occidentaux, membres de la Communauté de l’énergie, qui regroupe l’UE et plusieurs États voisins.
L’offre a même dépassé la demande, puisque 25 fournisseurs ont proposé un total de 13,4 milliards de mètres cubes en réponse à l’appel d’offres qui portait sur 11,6 milliards de mètres cubes. Certaines offres n’ont pas été acceptées, en raison d’une offre excédentaire et de la qualité supérieure de certaines offres, a expliqué M. Šefčovič.
Les acheteurs et les fournisseurs vont maintenant quitter la plateforme pour finaliser les contrats, ce qui devrait avoir lieu au cours de la seconde moitié du mois de juin.
Toutefois, les contrats ne sont pas encore garantis et les entreprises chargées d’assurer l’approvisionnement sont libres de se rétracter si elles trouvent une meilleure offre.
L’UE doit maintenir ses efforts
Malgré ce succès, M. Šefčovič a prévenu que l’UE ne doit pas se reposer sur ses lauriers, ajoutant que la guerre en Ukraine se poursuit et que l’Europe « ne peut pas se satisfaire » des prix actuels de l’énergie.
L’Europe doit encore se procurer au moins 2,6 milliards de mètres cubes de gaz pour répondre à l’obligation légale prévue par le règlement sur le stockage. À cet effet, quatre autres procédures d’appel d’offres seront lancées avant la fin de l’année.
M. Šefčovič a expliqué aux journalistes qu’il continuerait à solliciter les fournisseurs de gaz internationaux afin d’attirer davantage d’offres d’approvisionnement lors des prochaines séries d’appels d’offres. La Commission européenne a par exemple rencontré des représentants de l’Azerbaïdjan au sujet de l’approvisionnement en gaz, bien que les relations de l’UE avec le pays aient été critiquées par des groupes de défense des droits humains.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]