La politique étrangère de l’UE fragilisée par une vague d’initiatives nationales [FR]
Suivant l’exemple de la France avec la proposition d’Union méditerranéenne, la Pologne et la Suède sont sur le point de présenter une « initiative orientale » lors d’une réunion la semaine prochaine. Selon les diplomates, cette initiative pourrait ruiner les efforts laborieux de l’UE consistant à élaborer une politique extérieure commune.
Suivant l’exemple de la France avec la proposition d’Union méditerranéenne, la Pologne et la Suède sont sur le point de présenter une « initiative orientale » lors d’une réunion la semaine prochaine. Selon les diplomates, cette initiative pourrait ruiner les efforts laborieux de l’UE consistant à élaborer une politique extérieure commune.
La tentative de la Commission visant à établir une politique européenne de voisinage avec les pays situés à ses frontières australes et orientales recevra un autre coup lorsque la Pologne et la Suède présenteront leur proposition commune en faveur d’une « initiative orientale » lors d’une réunion de ministres des Affaires étrangères lundi prochain, le 26 mai.
La Pologne et la Suède projette d’améliorer leurs relations avec l’Ukraine, la Moldavie, l’Arménie, la Georgie, l’Azerbaïdjan et peut-être la Biélorussie.
Au début de la semaine, Benita Ferrero-Waldner, la commissaire en charge de la Politique européenne de voisinage, a durement lutté pour ramener les propositions françaises en faveur d’une Union méditerranéenne dans le cadre européen en vigueur : le processus de Barcelone.
Dans un communiqué formulé avec précaution, elle a admis que le processus de Barcelone avait ses lacunes et a reconnu la nécessité de l’améliorer en mettant en place un partenariat plus cohérent fondé sur une copropriété du processus.
Cependant, avant que la crise ne s’installe, la Pologne et la Suède avaient présenté leur propre « initiative orientale ». Les mauvais exemples sont toujours contagieux, d’après une source diplomatique, qui a ajouté que Mme Ferrero-Waldner commençait à en faire une affaire personnelle. Un porte-parole a déclaré à EURACTIV que suite à la présentation de l’initiative par la Pologne, la commissaire était sur le point de donner une réponse lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères lundi prochain.
Au centre de la PEV figurent des plans d’action bilatéraux décidés entre la Commission européenne et les pays partenaires. Mais contrairement à ces accords bilatéraux, les nouvelles initiatives régionales, bien que très différentes les unes des autres, ont tendance à se concentrer plus sur un cadre multilatéral.
La Moldavie par exemple s’est déjà engagée dans une initiative régionale : le processus de coopération en Europe du Sud-Est. De plus, ce pays est un membre actif du pacte de stabilité pour l’Europe orientale – une initiative se concentrant principalement sur les Balkans orientaux et qui doit être bientôt remplacée par un conseil régional de coopération.
A long terme, néanmoins, le pays souhaite que son statut dans la PEV soit substitué par le statut plus formel de pays candidat à l’adhésion de l’UE. Une source a fait remarquer que la PEV est visiblement une option qui n’est pas séduisante.