La Pologne présente un candidat prétexte au poste de haut représentant de l’UE

Si Rados?aw Sikorski, le ministre polonais des Affaires étrangères, apparaît comme l'un des candidats officiels au poste de haut représentant de l'UE, la Pologne pourrait en fait apporter son soutien à Kristalina Gerogieva, la commissaire bulgare. Un article d'EURACTIV Pologne.

EURACTIV.pl
Rados?aw Sikorski (centre) à côté de Catherine Ashton (G) et Carl Bildt (D)
Rados?aw Sikorski (centre) à côté de Catherine Ashton (G) et Carl Bildt (D)

Si Rados?aw Sikorski, le ministre polonais des Affaires étrangères, apparaît comme l’un des candidats officiels au poste de haut représentant de l’UE, la Pologne pourrait en fait apporter son soutien à Kristalina Gerogieva, la commissaire bulgare. Un article d’EURACTIV Pologne.

La tête de la diplomatie européenne n’intéresse pas vraiment la Pologne. Mais le pays a toutefois proposé officiellement un candidat pour devenir le prochain haut représentant de l’UE.

Les chefs d’État et de gouvernement des 28 États membres vont se retrouver le 30 août pour désigner les successeurs d’Herman Van Rompuy, le président du Conseil européen, et de Catherine Ashton, la haute représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères. 

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En Pologne, la nomination du ministre des Affaires étrangères, Rados?aw Sikorski, comme candidat au poste de la Britannique est largement considérée comme une manœuvre politique. Rados?aw Sikorski ne démissionnera probablement pas de son poste pour se rendre à Bruxelles. Il a passé la grande partie de ces sept dernières années à renforcer la position de la Pologne sur la scène internationale, en particulier en Europe centrale et orientale.

Une candidature problématique

Par ailleurs, les compétences exercées par la haute représentante restent limitées. Les États membres se sont en effet montrés très réticents aux transferts de toute souveraineté vers Bruxelles en matière d’affaires étrangères et de politique de sécurité. Rados?aw Sikorski aurait de facto plus d’influence en tant que ministre des Affaires étrangères de l’un des plus grands États membres qu’au poste de Catherine Ashton.

En outre, le Polonais ne fait pas l’unanimité dans les capitales européennes. Alors que son point de vue sur l’intervention russe en Ukraine lui a permis d’obtenir le soutien de nombreux pays inquiétés par les actions de Moscou, d’autres États, traditionnellement plus proches de la Russie, le trouvent trop russophobe. Rados?aw Sikorski a, par exemple, fermement critiqué la décision de la France de vendre des navires de guerre à la Russie, ce qui a détérioré les relations diplomatiques entre les deux pays.

Parmi les autres prétendants au poste de haut représentant, Varsovie pourrait apporter son soutien à Kristalina Gerogieva, la commissaire bulgare. La Pologne a déjà fait part de ses craintes par rapport à la candidate italienne, Federica Mogherini. Les autorités polonaises la jugent inexpérimentée et trop favorable à la Russie.

Donald Tusk au Conseil ?

Le premier ministre britannique, David Cameron, a tenté de convaincre son homologue polonais, Donald Tusk, d’accepter le poste d’Herman Van Rompuy. Pawe? Gra?, porte-parole de Donald Tusk, a déclaré à ce sujet que « les négociations étaient toujours en cours ».

 >> Lire : David Cameron soutient le polonais Donald Tusk pour présider le Conseil européen

En Pologne, de nombreux experts estiment que Donald Tusk n’acceptera pas un tel poste, privé à ses yeux de pouvoir réel. Son parti est pour l’instant en retard de quelques points dans les sondages. Donald Tusk a néanmoins encore jusqu’à l’année prochaine pour convaincre les électeurs de le laisser briguer un troisième mandat.