La présidence autrichienne se tourne vers l'Est [FR]
En prenant la présidence tournante du Conseil de l'Union européenne le 1er janvier 2006, l'Autriche hérite d'un programme chargé dans les domaines de l'élargissement et des relations extérieures. La priorité sera les Balkans occidentaux, mais la question de l'adhésion de la Turquie sera également incontournable.
En prenant la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne le 1er janvier 2006, l’Autriche hérite d’un programme chargé dans les domaines de l’élargissement et des relations extérieures. La priorité sera les Balkans occidentaux, mais la question de l’adhésion de la Turquie sera également incontournable.
Concernant les relations extérieures et l’élargissement, le principal objectif de la présidence autrichienne sera clairement la région des Balkans occidentaux. Vienne s’efforcera d’offrir une « perspective européenne claire » aux pays d’Europe du Sud-Est conformément à « l’agenda de Thessalonique » de l’Union.
Les 10 et 11 mars 2006, la ville autrichienne de Salzbourg accueillera une réunion informelle des ministres des Affaires étrangères des 25 (Gymnich) et des Etats des Balkans occidentaux. Cette réunion de haute volée examinera comment améliorer la coopération politique et économique et le développement entre l’UE et les Balkans occidentaux. D’autres questions, comme la facilitation d’octroi des visas, figureront également à l’ordre du jour.
La Commission devrait présenter ses rapports de suivi des progrès de la Bulgarie et de la Roumanie, en vue de leur adhésion en 2007, en avril ou mai 2006, ie au cours de la présidence autrichienne. Sur la base de ces rapports, l’Autriche pourra soit proposer au Conseil de préparer l’adhésion de ces deux pays candidats le 1er janvier 2007, soit de prévoir le report de leur adhésion d’un an, si les préparatifs s’avèrent incomplets dans certains domaines clés.
Le processus d’examen doit se poursuivre en 2006 pour la Croatie et la Turquie et la présidence autrichienne surveillera leurs progrès.
« La Roumanie et la Bulgarie doivent pouvoir adhérer [à l’UE] d’ici 2007 ou 2008 au plus tard, tandis que l’adhésion de la Croatie et de la Macédoine doit avoir lieu peu après, » a déclaré le chancelier Wolfgang Schüssel.
Au niveau plus international, la présidence autrichienne s’efforcera de renforcer et de consolider le rôle de l’Union. Au cours des six premiers mois de 2006, l’Autriche accueillera et organisera les sommets suivants:
- Sommet UE – Amérique latine et Caraïbes (ALC) en mai
- Sommet UE – Russie en mai
- Sommet UE – Etats-Unis en juin
- Sommet UE – Canada (à confirmer)
- Réunion du Conseil de coopération UE – Ukraine (date à confirmer)
- Réunions de préparation au sommet UE – ASEM (réunion Asie – Europe)
- Réunion présidentielle UE – Japon
- Réunion UE – Chine sur les droits de l’homme en mai
Quant à la demande d’adhésion de la Turquie, la présidence autrichienne devra trouver une solution au rejet relativement élevé au sein de sa population de l’élargissement de l’UE en général et de la candidature d’Ankara en particulier. L’Autriche a été également le principal pays à s’opposer à l’ouverture des négociations entre l’UE et la Turquie, demandant une alternative explicite à l’adhésion complète sous la forme d’un partenariat privilégié.
La Turquie espére que des négociations d’adhésion sur quelques chapitres commenceront au cours de la présidence autrichienne, notamment en mars 2006, mais Vienne a déjà laissé entendre que l’ouverture des négociations pourrait être reportée au second semestre 2006. « Il est trop tôt pour évaluer s’il sera possible d’ouvrir les négociations sur tel ou tel chapitre au cours du premier semestre 2006, » a indiqué la ministre autrichienne des affaires étrangères, Ursula Plassnik.
Selon un récent sondage Eurobaromètre, les Autrichiens sont les plus réticents à l’idée d’un nouvel élargissement de l’UE (suivis des Français, des Allemands et des Luxembourgeois). Le soutien de l’opinion publique est particulièrement faible dans le pays concernant l’adhésion de la Turquie, seuls 10% des Autrichiens déclarant soutenir la demande d’adhésion d’Ankara. L’Autriche a également observé la plus forte baisse relative (de 17%) du soutien de l’opinion publique pour la Turquie depuis 2002.
Selon ce sondage Eurobaromètre, environ 41% des personnes interrogées dans l’UE considèrent que l’adhésion finale de la Turquie rapprochera les valeurs européennes et musulmanes. Le pourcentage en Autriche est de 24%. De même, tandis que 38% de l’ensemble des Européens considèrent la demande d’adhésion de la Turquie comme l’occasion éventuelle de renforcer la sécurité dans la région, en Autriche, ce point de vue n’est partagé que par 20% de l’opinion publique. Près de 73% des Autrichiens considèrent que les différences culturelles entre l’Europe et la Turquie sont trop importantes pour permettre l’adhésion de la Turquie à l’UE (le pourcentage moyen en Europe est de 54%).
Entre-temps, de récents sondages indiquent que le soutien des turcs à l’UE est également en baisse (de 70% à 55%).