La présidence italienne met l’aide humanitaire en haut de son agenda
Le vice-ministre des Affaires étrangères, Lapo Pistelli, a présenté le 22 juillet les priorités de la présidence italienne de l’Union européenne en matière de développement devant les eurodéputés de la commission en charge du dossier.
Le vice-ministre des Affaires étrangères, Lapo Pistelli, a présenté le 22 juillet les priorités de la présidence italienne de l’Union européenne en matière de développement devant les eurodéputés de la commission en charge du dossier.
La première réunion de la commission développement du Parlement européen a eu lieu le 22 juillet. À cette occasion, le vice-ministre des Affaires étrangères, Lapo Pistelli, a détaillé la feuille de route de la présidence italienne, qui souhaite concentrer son action sur une réforme de l’aide humanitaire de l’UE.
Le pays dirigé par Matteo Renzi a pris la tête du Conseil de l’UE depuis le 1er juillet, pour une durée de six mois, et compte axer son programme sur la relance de la croissance et la politique européenne d’immigration.
« Défendre l’aide humanitaire représente la principale priorité de la présidence italienne en matière de développement », a déclaré Lapo Pistelli devant la commission parlementaire, présidée par l’eurodéputée britannique Linda McAvan (S&D).
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La priorité italienne en matière d’aide humanitaire n’est pas étrangère à un calendrier dominé par une succession de crises internationales (Gaza, Syrie, Centrafrique), mais répond aussi à l’agenda politique du pays, qui souhaite réformer la politique d’immigration européenne.
Des crises en cascades
« Il est regrettable que l’aide humanitaire au cours des dernières années et encore plus des derniers mois soit devenue si importante, car ceci nous montre que les foyers de crise se multiplient et que l’ampleur des crises s’aggrave » a expliqué le ministre en ouverture de son discours, mettant l’accent sur l’impact « démultiplié » de ces crises humanitaires sur l’Union européenne, puisque celles- ci « se déroulent dans des zones voisines ».
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Les crises humanitaires représentent en effet « une des principales causes de flux extraordinaires de migrants et de demandeurs d’asile qui frappent aux portes de l’UE » a rappelé le ministre, dont le pays est en première ligne pour faire face à ces migrations soudaines.
« Regardez d’où proviennent ces flux : plus de 85 000 personnes sont arrivées par les côtés Italiennes depuis le 1er janvier 2014 » a-t-il détaillé. Les vagues migratoires auxquelles l’Italie doit faire face proviennent majoritairement d’Érythrée et Syrie, conséquences directes de la guerre, ou des pays fragiles « en situation de post conflit » tels que le Soudan du Sud, la Somalie et le Mali.
Les crises « oubliées »
Concrètement, la présidence italienne souhaite dans un premier temps « harmoniser les efforts déployés par les institutions européennes et par les États membres » en matière d’aide humanitaire.
« Cet effort de coordination entre États membres et institutions européennes est important pour pouvoir intervenir dans les zones de conflit de niveau 3 : la Syrie, le Soudan du Sud et la République Centrafricaine » a détaillé le ministre.
La présidence italienne a également affirmé vouloir aller plus loin dans l’action dans les crises humanitaires, notamment en mettant l’accent sur les crises « oubliées », victimes du désintérêt des médias, telles que la situation au Sahara occidental, au Yémen, dans les pays d’Afrique occidentale touchés par l’Ebola ou encore au Myanmar.
« L’aide humanitaire ne peut pas suivre le rythme imposé par les médias », a plaidé Lapo Pistelli.
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Autre chantier, la protection des groupes les plus vulnérables (personnes âgées, enfants, femmes, handicapés). « Nous souhaitons lancer un premier débat sur les modalités de protection de ces groupes vulnérables en cas d’urgence » a-t-il affirmé. L’objectif est d’adopter un plan d’action européen avant la fin de l’année 2014.
Participation du secteur privé
« Nous voudrions lancer la discussion sur la participation du secteur privé au financement de l’aide au développement, mais aussi à l’aide humanitaire » a affirmé Lapo Pistelli.
Pour le ministre, les ambitions du calendrier international notamment dans le cadre de la définition du cadre post-2015 pour le développement, ne peuvent en aucun cas être financées uniquement grâce à l’aide publique au développement. « Le secteur privé doit être mis à contribution selon des principes bien établis et reconnus par tous » a-t-il justifié.
Interrogé par l’eurodéputé luxembourgeois Charles Goerens (ALDE) sur les intentions de l’Italie en matière de financement de l’aide au développement et de respect des engagements internationaux en la matière, le ministre a botté en touche.
« Je représente un pays qui est encore à la traine en matière d’obligation de financement du développement. Malheureusement, la crise que nous traversons a entrainé des coupes dans le budget de la coopération » a-t-il reconnu.
Les pays développés se sont en effet engagés à consacrer 0,7 % de leur revenu national brut à l’aide publique au développement. Mais frappés par la crise économique, plusieurs pays européens, dont la France et l’Italie, ont réduit leur aide.