La présidente bulgare sous pression pour sa réponse à une menace iranienne
Iotova fait face à une pression croissante pour qu'elle convoque le Conseil de sécurité nationale bulgare
La présidente bulgare, Iliana Iotova, fait face à une pression croissante pour qu’elle convoque le Conseil supérieur de sécurité du pays, suite à une menace iranienne présumée visant les installations américaines de la base aérienne de Bezmer.
Ces pressions se sont poursuivies vendredi, bien que l’OTAN ait rassuré Sofia la veille en affirmant que l’Alliance est prête à défendre la Bulgarie contre toute attaque potentielle. Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a déclaré jeudi au Premier ministre Roumen Radev qu’une attaque contre un allié serait considérée comme une attaque contre tous, citant l’interception récente de missiles balistiques à destination de la Turquie.
Cette intervention faisait suite à un article du Financial Times selon lequel les forces iraniennes auraient envisagé différentes options pour frapper des installations américaines en Europe du Sud-Est, notamment en Bulgarie.
En juillet, le Parlement bulgare a autorisé jusqu’à huit avions ravitailleurs américains KC-135 et 250 membres du personnel à opérer depuis la base aérienne de Bezmer jusqu’au 1er octobre. Les autorités bulgares ont depuis renforcé la sécurité sur la base, tandis que le ministre de la Défense, Dimitar Stoyanov, a déclaré jeudi qu’il n’y a « aucune menace directe pour la sécurité nationale ».
Iotova, qui est également commandante en chef des forces armées et candidate à l’élection présidentielle du 25 octobre, fait face à une pression croissante quant aux raisons pour lesquelles elle n’a pas convoqué le Conseil consultatif de sécurité nationale.
Boyko Borissov, chef du parti de centre-droit GERB, a remis en cause son inaction. « Certains des médias les plus respectés au monde font état de menaces pesant sur la Bulgarie », a-t-il déclaré dans des propos rapportés par les médias bulgares.
La polémique s’est poursuivie vendredi, l’ancien ministre de la Défense Todor Tagarev affirmant que la Bulgarie court un risque plus grand face à des opérations hybrides qu’à une frappe directe de missile.
S’exprimant sur la chaîne nationale bTV, Tagarev a fait remarquer que la loi impose au Conseil de sécurité de se réunir tous les trimestres, ce qui n’a pas été le cas sous la présidence de Mme Iotova. Il s’est également interrogé sur les raisons pour lesquelles la Bulgarie a autorisé un avion de lutte contre les incendies russe, à destination de la Serbie, à survoler les bases aériennes de Bezmer et de Graf Ignatievo.
Iotova avait précédemment déclaré qu’elle convoquerait le Conseil si le conflit au Moyen-Orient s’étendait ou si la situation sécuritaire de la Bulgarie venait à changer.
(cs)