La reprise, trop lente, pèse lourd sur la politique en Europe de l'est
La détérioration dans la durée des perspectives économiques pourrait porter un coup au soutien de l'opinion aux réformes juste avant des élections politiques dans certains des dix Etats membres d'Europe centrale et de l'est, selon le dernier rapport de la Banque mondiale sur la situation économique de l'"UE des 10".
La détérioration dans la durée des perspectives économiques pourrait porter un coup au soutien de l'opinion aux réformes juste avant des élections politiques dans certains des dix Etats membres d'Europe centrale et de l'est, selon le dernier rapport de la Banque mondiale sur la situation économique de l'"UE des 10".
Alors que la reprise économique mondiale est bien enclenchée, les perspectives pour la région de l'"UE des 10" restent fragiles, affirme ce rapport.
L'UE des 10 va du nord au sud, et comprend l'Estonie, la Lettonie, la Lituanie, la Pologne, la République tchèque, la Slovaquie, la Hongrie, la Roumanie, la Slovénie et la Bulgarie.
En termes réels, la production de l'UE des 10 ne parviendra à atteindre les niveaux qui étaient les siens avant la crise qu'à la seconde moitié de 2011, selon le rapport.
Les crédits à destination du secteur privé restent léthargiques. Le chômage continue à augmenter. De nombreux travailleurs restent au chômage plus longtemps, et les perspectives sur le marché du travail pour les travailleurs ayant un niveau d'éducation basique et peu d'expérience professionnelle devraient rester mauvaises pour plusieurs années, affirme le rapport.
Le chômage à la hausse
Le chômage continue d'augmenter dans la région de l'UE des 10, rapporte la Banque mondiale. Les taux de chômage dans cette région sont passés de 6,5 % en juin 2008 à 9,5 % en janvier 2010, c'est à dire de 2,9 millions à 4,6 millions de personnes sans emploi.
Cependant, le rapport enregistre des situations très différentes selon les pays. De juin 2008 à janvier 2010, les taux de chômage ont augmenté de 16 points de pourcentage en Lettonie, de 10 points de pourcentage en Estonie et en Lituanie, et de moins de 4 points de pourcentage en Slovaquie, République tchèque, Hongrie, Slovénie, Bulgarie, Pologne et Roumanie.
Le nombre de personnes sans emploi devrait augmenter de 4,1 millions en 2009 à 4,4 millions en 2010. Les gouvernements de l'ensemble de l'UE des 10, à l'exception de la Roumanie, prévoient un chômage plus important en 2010 qu'en 2009. Au regard de la faible reprise, les entreprises devraient repousser l'embauche de nouveaux travailleurs jusqu'à ce que la croissance soit fermement relancée, affirme le rapport.
La Banque mondiale avertit que le principal défi auquel font face les gouvernements de la région est d'empêcher que ces augmentations cycliques du chômage ne se transforment en chômage structurel.
Un taux de croissance plus faible
La région de l'UE des 10 devrait retrouver la croissance en 2010 et 2011, mais les taux enregistrés risquent d'être plus faibles qu'avant la crise, d'après le rapport. Selon les gouvernements nationaux, après s'être contractée de 3,6 % en 2009, la croissance de l'UE des 10 devrait croître de 1,6 % en 2010 et de 3,6 % en 2011. Alors que l'UE des 10 devrait connaître une croissance plus importante que l'UE des 15 en 2010 et 2011, la reprise reste faible, pointe la Banque mondiale.
Les risques baissiers sont également importants, met en garde le rapport. Premièrement, le principal risque est celui d'une faible reprise en Europe, puisque les perspectives pour les exportations, la confection, les crédits et les emplois dans la région de l'UE des 10 dépendent d'une reprise durable dans la région de l'UE des 15. La reprise européenne, après la crise financière mondiale qui a déclenché une contraction importante et synchronisée, pourrait être lente et pourrait toujours être suivie d'une rechute.
L'adoption de l'euro repoussée
L'adoption de la monnaie unique reste un pilier de réforme central des pays de l'UE des 10 qui sont en dehors de la zone euro, mais des besoins d'ajustements majeurs ont retardé la date d'entrée pour certains pays, a souligné la Banque mondiale.
La République tchèque, la Hongrie et la Pologne, où la flexibilité du taux de change a joué un rôle crucial pour absorber le choc de la crise financière mondiale, n'ont pas annoncé d'objectif de date spécifique pour leur adoption de l'euro. L'Estonie souhaitait entrer dans la zone euro en 2011, la Bulgarie en 2013, la Lettonie et la Lituanie en 2014 et la Roumanie en 2015, note le rapport.
Le pouvoir d'achat dans les pays de l'UE des 10, mis à part la Pologne, devrait baisser en 2011 comparé à 2008. Avec un pouvoir d'achat moyen de 100 dans l'UE des 27, la Bulgarie arrive dernière du groupe "UE 10" avec 40, tandis que la Slovénie est la plus proche de la moyenne européenne avec presque 90 %, montre le rapport de la Banque mondiale.