La Roumanie prépare de nouvelles élections après la suspension de son président [FR]
Le Parlement roumain a suspendu le président Basescu pour abus de pouvoir au cours d'un conflit avec le premier ministre Popescu-Tariceanu, jetant ainsi des doutes sur la capacité du pays à satisfaire les principales exigences européennes portant sur les questions juridiques et à gérer les fonds européens.
Le Parlement roumain a suspendu le président Basescu pour abus de pouvoir au cours d’un conflit avec le premier ministre Popescu-Tariceanu, jetant ainsi des doutes sur la capacité du pays à satisfaire les principales exigences européennes portant sur les questions juridiques et à gérer les fonds européens.
Une majorité écrasante de 322 députés sur 465 a soutenu la demande de suspension de Traian Basescu émise par le parti socialiste dans l’opposition (PSD), lors d’un vote du Parlement le 19 avril 2007, ne comptant que 108 voix contre.
Le Parlement accuse Traian Basescu d’abus de pouvoir et de violation de la Constitution. La Cour constitutionnelle avait toutefois conclu, début avril 2007, que la violation de la Constitution par le président roumain n’était pas grave au point de justifier un renvoi.
Dans le droit roumain, le Parlement peut suspendre le président pendant 30 jours, le temps d’organiser un référendum national pour le renvoyer si ce dernier refuse de démissionner. Le gouvernement doit alors organiser des élections présidentielles dans les trois mois qui suivent le départ du président.
Plus tard dans la soirée, Traian Basescu a déclaré à ses partisans rassemblés dans le centre de Bucarest qu’il restait président jusqu’au 23 avril 2007, date de prise d’effet de la décision du Parlement.
Traian Basescu avait déclaré qu’il « démissionnerait immédiatement » si le Parlement votait en faveur de sa destitution mais qu’il se représenterait aux prochaines élections. Les sondages indiquent que le président populaire roumain a de grande chance de gagner. Il bénéficie d’un large crédit pour sa lutte contre la corruption et le succès de l’adhésion de la Roumanie à l’UE.
Cependant, l’agitation politique a jeté des doutes sur la capacité du pays à mener à bien les réformes judiciaires et administratives fondamentales, requises lors de l’adhésion à l’UE en 2007. Les réformes, visant principalement à lutter contre la corruption, sont destinées à faciliter l’absorption des fonds européens.
Le financement européen peut être suspendu aux termes desdites « clauses de sauvegarde » incluses dans le traité d’adhésion de la Roumanie et qui peuvent s’appliquer en cas de sérieux retards ou de défaut dans l’exécution des engagements précédant ou suivant l’adhésion.
Une équipe d’experts de la Commission se rendra en Roumanie la semaine prochaine afin d’évaluer les progrès effectués sur les réformes.