La Russie est déterminée à imposer son propre programme pour le G8 [FR]

La Russie compte se servir de sa présidence du G8 pour se positionner comme le garant de la sécurité énergétique dans le monde. Cependant, les récents conflits sur le gaz ont mis en doute ses capacités à assumer un tel rôle. 

La Russie compte se servir de sa présidence du G8 pour se positionner comme le garant de la sécurité énergétique dans le monde. Cependant, les récents conflits sur le gaz ont mis en doute ses capacités à assumer un tel rôle. 

Le programme de la Russie pour le G8 est connu pour porter essentiellement sur la politique énergétique, la lutte contre les maladies, la prolifération des armes de destruction massive et la guerre contre la terreur. 

En décembre 2005, le président russe, Vladimir Poutine, a déclaré que le principal objectif de la présidence russe du G8 serait de garantir l’approvisionnement mondial en énergie à des conditions acceptables pour tous les acteurs du marché. En d’autres termes, Moscou a tenté de se positionner comme le garant de la sécurité énergétique dans le monde.

Cependant, les pays occidentaux sont toujours préoccupés par la politique économique de Vladimir Poutine, et notamment par ses initiatives sur le front de l’énergie. Le dirigeant russe souhaite réaffirmer le contrôle de l’état sur les vastes réserves en gaz naturel et en pétrole du pays. Parallèlement, étant donnée la volatilité des marchés mondiaux de l’énergie (notamment le Moyen-Orient), la Russie semble faire tous les efforts possibles pour se présenter comme le fournisseur d’énergie « le plus fiable et responsable » au monde, ce qui pourrait donner naissance à un géant de l’énergie contrôlé par le Kremlin ayant peu de concurrents dans le monde. 

Cependant, les récents conflits entre Moscou et l’Ukraine, la Géorgie et les états baltes sur les prix du gaz naturel ont montré que la Russie ne pouvait s’empêcher d’abuser de sa position et de ses pouvoirs pour faire progresser ses objectifs politiques. 

Tandis que le programme nucléaire de l’Iran a été pendant longtemps un sujet de préoccupation pour l’Occident, Moscou semble le considérer comme une opportunité et maintient que les sanctions ne sont pas le meilleur moyen de résoudre un conflit. De plus, la proposition russe pour un programme commun russo-iranien d’enrichissement nucléaire sur le territoire russe est toujours sur la table. Cette proposition est soutenue par l’UE et les Etats-Unis, malgré l’influence que Moscou pourrait obtenir grâce à ce projet. 

Les membres du G8 ont chacun leur tour reproché à Moscou ses résultats inégaux en terme de démocratie et les tentatives claires du Kremlin de centralisation du pouvoir. Plus récemment, Moscou a tenté de placer les organisations non gouvernementales sous le contrôle de l’Etat. Ce projet a été très critiqué par l’Occident. Dans ce contexte, le dernier conflit d’espionnage entre le Royaume-Uni et la Russie pourrait geler encore davantage les relations entre les deux pays. 

Parallèlement, l’inclusion de Moscou dans le cercle du G8 est une « marque d’approbation » de la conduite du pays. Pour citer The Economist, « le style des réponses de l’Occident à M. Poutine semble désormais clair : irrégulières, il s’agit de reproches modérés en public […] contrebalancés par des photos conciliantes. »

Du côté de la politique étrangère, les partenaires du G8 regardent toujours Moscou d’un oeil désapprobateur en raison de son soutien au régime autoritaire du président biélorusse, Aleksandr Lukashenka. La conduite des dirigeants de la Biélorussie, qui sont considérés comme le dernier allié de la Russie mais dont l’attitude est régulièrement dénoncée par l’Occident, pourrait devenir un des principaux points de controverse lors du sommet du G8 en juillet. L’Occident souhaite également inscrire au programme du sommet la guerre violente en cours en Tchétchénie.