La Russie se montre intransigeante sur l'indépendance du Kosovo [FR]

La Russie a refusé le dernier projet de résolution présenté par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France, en faveur d'une indépendance surveillée de la province serbe. Le règlement final du statut du Kosovo par le Conseil de sécurité de l'ONU reste incertain.

La Russie a refusé le dernier projet de résolution présenté par les Etats-Unis, le Royaume-Uni et la France, en faveur d’une indépendance surveillée de la province serbe. Le règlement final du statut du Kosovo par le Conseil de sécurité de l’ONU reste incertain.

Le nouveau texte a explicitement cherché à surmonter les craintes de la Russie en citant le Kosovo comme un cas particulier, qui ne créerait pas de précédent pour d’autres régions séparatistes. 

Le Conseil de sécurité de l’ONU débat actuellement du sort de la province serbe du Kosovo. Le plan présenté par l’envoyé spécial de l’ONU, Martti Ahtisaari, prévoyant de fait l’indépendance du Kosovo, est soutenu par l’UE et les Etats-Unis mais la Serbie, appuyée par la Russie, reste opposée à son indépendance. La province est sous administration civile et militaire internationale depuis le conflit de 1999. 

Le rejet de la Russie a découragé les espoirs de l’UE de trouver une solution rapide à la question du Kosovo. Le commissaire à l’élargissement, Olli Rehn, a confié à des journalistes le 27 juin 2007 : « Nous estimons qu’il n’est pas nécessaire de prolonger inutilement le processus au Conseil des Nations Unies » et a ajouté que le statut du Kosovo « ne devrait pas être réglé via une déclaration unilatérale ou l’utilisation unilatérale du veto, mais devrait reposer sur un multilatéralisme responsable et efficace et ceci s’applique à tous les membres du Conseil de sécurité ». Il a également indiqué : « Pour ma part, je pense que le statut du Kosovo devra être entièrement réglé avant que la Serbie ne devienne membre de l’UE ». 

Le gouvernement serbe a cependant insisté pour les négociations se poursuivent. Le ministre des affaires étrangères, Vuk Jeremic, a indiqué à des journalistes le 27 juin 2007 à Bruxelles : « Seulement à partir de ce moment là, un accord mutuel acceptable pourra être conclu et seule une telle solution pourrait avoir un effet stabilisateur à long terme », ajoutant : « Le statut final de l’ensemble des Balkans, c’est l’Europe ». 

Le secrétaire d’Etat portugais aux affaires européennes, Manuel Lobo Antunes, a déclaré que la question du Kosovo concernait non seulement l’ONU mais également l’UE. S’exprimant au nom de la future présidence portugaise, il a souligné : « Nous souhaitons une solution qui reflète totalement les points de vue de la communauté internationale et qui est acceptable aux yeux de tous. Ce que nous ne voudrions pas voir c’est une Europe divisée sur la question ». Il a vivement encouragé les dirigeants européens à trouver une position commune sur la question sinon quoi ce serait un « désastre pour l’UE ». Il a également ajouté : « Notre toute première priorité est de travailler ensemble dans la même direction ».