La Russie triomphante après la publication d’un rapport de l’UE sur la guerre en Géorgie [FR]

La Russie a fait connaître sa satisfaction concernant le rapport indépendant sur sa guerre de cinq jours avec l’ex-république soviétique de Géorgie en août 2008. Le rapport a été commandé par l’UE et publié hier (30 septembre).

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La Russie a fait connaître sa satisfaction concernant le rapport indépendant sur sa guerre de cinq jours avec l’ex-république soviétique de Géorgie en août 2008. Le rapport a été commandé par l’UE et publié hier (30 septembre).

Le rapport, commandé par l’UE et rédigé sous l’autorité de la diplomate suisse Heidi Tagliavini, donne une réponse sans équivoque à la principale question, celle de savoir qui a déclenché les hostilités, a déclaré Vladimir Chizhov, l’ambassadeur russe auprès de l’UE, s’exprimant devant la presse bruxelloise.

Le rapport désigne sans faux fuyants la Géorgie, ses bombardements massifs et ses attaques d’artillerie sur la ville de Tskhinval [principale ville de la province géorgienne d’Ossétie du Sud], durant la nuit du 7 au 8 août. C’est cela qui a marqué le début d’hostilités de grande échelle, a déclaré le diplomate, visiblement ravi des conclusions du rapport.

Un rapport épais comme une brique

M. Chizhov, qui a exhibé une copie de l’énorme rapport et qui a même pris la pose pour les photographes, a expliqué qu’il l’avait reçu quelques heures plus tôt et ne pouvait le commenter en profondeur, expliquant qu’une réaction venant d’en haut lieu arriverait plus tard. Mais il a ajouté que le rapport n’était pas une grande surprise et que la Russie était déjà au courant.

Interrogé par les journalistes sur la suite probable des évènements, il a exprimé l’espoir de voir les pays encore incertains de l’identité du responsable pour la guerre de Géorgie adopter désormais une position claire. Il a dit qu’il espérait également que les pays qui soutiennent le président géorgien Mikheil Saakachvili y réfléchirait maintenant à deux fois, affirmant que ceux cherchant à empoisonner l’amélioration générale des relations de son pays avec les Etats-Unis et l’Ouest en général sous le président américain Obama avait subi un sérieux revers.

Je pense que M. Saakachvili aurait dû démissionner il y a longtemps, a ajouté M. Chizhov.

La Pologne a mené un certain nombre d’initiatives en faveur de M. Saakashvili depuis le conflit, en accord avec les pays baltiques et la République tchèque. La Pologne a exigé une enquête sur la guerre en Géorgie dans l’espoir qu’elle conclurait à une agression de la Russie.

Interrogé par EURACTIV sur les pays qui d’après lui seraient déçus par le rapport, M. Chizhov a refusé de citer des noms, mais il a dit qu’il espérait que ce nombre soit limité.

Le diplomate russe a rejeté l’iéde selon laquelle l’incursion militaire russe en Géorgie au moment de la guerre avait été une réponse disproportionnée.

La réponse russe était proportionnelle, rapide et venait à point nommé, a-t-il martelé.

La Géorgie a également exprimé sa satisfaction sur les conclusions du rapport, qui selon elle met en lumière avant tout la violation du droit international par l’invasion russe.

Les allégations de mon pays ont été vérifiées. C’est la Géorgie qui s’est retrouvée envahie par un autre pays, en violation du droit international, a déclaré son ambassadrice auprès de l’UE, Salomé Samadachvili, citée par l’AFP.

Des provocations des deux côtés

Andrei Ilarionov, un chercheur russe travaillant pour le think tank américain Cato Institute, a également fait une présentation à Bruxelles, soulignant les provocations russes, dont il dit qu’elles ont entraîné la Géorgie dans un piège. Les deux côtés préparaient des pièges, a-t-il dit, avant de rappeler une série d’incidents et de rebondissements dans lesquels la Russie a agit comme provocatrice à chaque fois.

Mais M. Ilarionov a admis que la décision géorgienne de déclencher une attaque militaire la nuit du 7 août 2008 avait été insensée. Interrogé par EURACTIV pour savoir s’il croyait que les dirigeants géorgiens comptaient sur le soutien militaire de l’Ouest, il s’est montré catégorique : au contraire, l’Ouest n’avait fait aucune promesse et avait seulement conseillé à Tbilissi de ne pas répondre aux provocations.

Le chercheur russe a également révélé que des diplomates américains d’importance n’avaient même pas rapporté à une autorité supérieure l’appel téléphonique angoissé de M. Saakachvili avant le déclenchement des hostilités.

Matthew Bryza, sous-secrétaire d’Etat adjoint américain, et Daniel Fried, conseiller spécial adjoint principal à la secrétaire d’Etat de l’époque Condoleeza Rice, n’ont jamais rendu compte des inquiétudes de celui-ci, a déclaré M. Ilarionov, ajoutant qu’il était certain de ses sources.