La Saxe défend les milliards de subventions accordées pour attirer les fabricants de semi-conducteurs

Des milliards d’euros de subventions doivent être accordés au fabricant de puces taïwanais TSMC pour pallier le manque de compétitivité de l’Allemagne, a déclaré Michael Kretschmer, chef de la région de Saxe.

EURACTIV Allemagne
Meeting of regional state premiers at the Chancellery in Berlin
Le ministre-président du Land de Saxe, Michael Kretschmer (à gauche), s'entretient avec le ministre allemand de la Santé, Karl Lauterbach, au début d'une réunion des ministres-présidents des Länder à la Chancellerie à Berlin, le 4 octobre 2022. [EPA-EFE/CLEMENS BILAN]

Des milliards d’euros de subventions doivent être accordés au fabricant de puces taïwanais TSMC pour pallier le manque de compétitivité de l’Allemagne, a déclaré Michael Kretschmer, ministre-président de la région de Saxe.

Début août, TSMC a annoncé qu’il investirait plus de 10 milliards d’euros dans une nouvelle usine à grande échelle en Saxe, dans l’est du pays, en échange de 5 milliards d’euros de subventions.

Si la Commission européenne et le gouvernement allemand ont salué cette nouvelle comme un pas vers une plus grande souveraineté de l’UE en matière de production de semi-conducteurs, les critiques ont souligné qu’une aide d’État aussi importante pour une seule entreprise entraînerait une distorsion du marché, notamment vis-à-vis d’autres États membres disposant d’une puissance financière moins importante.

Dans un entretien avec la station de radio Deutschlandfunk publié dimanche (10 septembre), M. Kretschmer (CDU, EVP) a toutefois défendu la solution aides d’État : « À mon avis, il est nécessaire que l’Europe préserve sa souveraineté numérique », a-t-il déclaré.

Outre un marché mondial des semi-conducteurs déjà « déséquilibré » en raison des « subventions dans les pays asiatiques », les 5 milliards d’euros pour TSMC étaient également nécessaires pour attirer l’entreprise en Allemagne.

Et ce, malgré le fait que le pays « n’est plus compétitif », a-t-il expliqué. Une situation due aux prix élevés de l’énergie, à une bureaucratie trop lourde et à des normes de production « qui n’existent pas dans d’autres pays », a ajouté M. Kretschmer.

« Nous ne pouvons être plus chers que dans la mesure où nous sommes meilleurs. Et j’ai l’impression qu’ici, nous commençons à atteindre le point de basculement », a-t-il souligné.

Les déclarations de M. Kretschmer contrastent directement avec celles du ministre allemand de l’Économie, Robert Habeck, qui a déclaré en août que l’investissement de TSMC était une « preuve » de la compétitivité du pays.

Elles s’inscrivent également dans le cadre d’un débat en cours en Allemagne sur la question de savoir comment — et à quel niveau du gouvernement — les formalités administratives peuvent être réduites.