La Serbie ne peut pas renforcer ses liens avec la Russie, lance la Commission européenne
L’Union européenne estime que la Serbie, en tant qu’État négociant son adhésion à l’UE, ne peut pas renforcer ses liens avec la Russie. Raisons invoquées : l’intensification des affrontements, de l’agression et des crimes en Ukraine par la Russie.
L’Union européenne estime que la Serbie, en tant qu’État négociant son adhésion à l’UE, ne peut pas renforcer ses liens avec la Russie. Raisons invoquées : l’intensification des affrontements, de l’agression et des crimes en Ukraine par la Russie, a indiqué un porte-parole de la Commission européenne, Peter Stano, à Bruxelles lundi (26 septembre).
Dans le cadre du processus d’adhésion de la Serbie à l’UE, l’Union exhorte les dirigeants serbes à assurer un meilleur alignement des actions de politique étrangère du pays sur celles de l’Union, a déclaré M. Stano à BETA. L’UE demande également à la Serbie de respecter les valeurs internationales ainsi que l’indépendance, la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’Ukraine à l’intérieur de ses frontières reconnues par la communauté internationale.
Concernant l’accord entre les ministères des Affaires étrangères serbes et russes relatif à la poursuite des consultations, M. Stano a indiqué qu’il s’agissait d’un signe très clair de la volonté de la Serbie de « renforcer les liens et de faire progresser encore davantage les relations entre la Serbie et la Russie », suggérant que cette démarche était source de « sérieuses inquiétudes ».
Le porte-parole du haut représentant de l’Union pour les Affaires étrangères de l’UE, Josep Borrell, a également déclaré que « l’UE a été très claire sur le fait que ses États partenaires, en particulier ceux qui négocient leur entrée dans l’Union, dont la Serbie, ne peuvent pas maintenir des relations avec la Russie comme à l’accoutumée. C’est un régime responsable de tant de crimes et de méfaits. »
L’ambassadeur des États-Unis en Serbie, Christopher Hill, a déclaré le 26 septembre qu’il s’attendait à ce que la Serbie précise le type de document de coopération qu’elle a signé avec la Russie à l’issue des discussions qui ont eu lieu lors de la session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York.
Lors d’une conférence de presse à Belgrade, M. Hill a déclaré que « le contenu du document n’est pas tout à fait clair », mais qu’« à l’heure actuelle, personne ne devrait signer quoi que ce soit avec la Russie ».
L’ambassadeur a également déclaré que les États-Unis soutenaient la Serbie dans son parcours vers l’UE, ainsi que dans ses efforts pour éliminer la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie, « fondée sur le chantage », mais que l’aide serait proportionnelle à ce que la Serbie demanderait.
Le chef de la délégation de l’UE en Serbie, Emanuele Giaufret, a déclaré le 26 septembre à des journalistes à Belgrade que l’UE attendait de la Serbie qu’elle « se tienne aux côtés de l’Union, en défendant les valeurs européennes et le droit international ».
« En ayant décidé de signer un accord de coopération avec la Russie, la Serbie envoie un message contraire, indépendamment de sa position consistant à ne pas reconnaître les résultats d’un référendum organisé par la Russie dans le territoire occupé de l’Ukraine », a déclaré M. Giafuret.
Les ministres des Affaires étrangères serbes et russes, Nikola Selaković et Sergueï Lavrov, ont signé le 23 septembre – en marge de la 77e session de l’Assemblée générale des Nations unies à New York – un plan de consultations entre les deux ministères des Affaires étrangères au cours des deux prochaines années. Le ministère serbe a décrit le document, signé dans les bureaux de la mission russe à l’ONU, comme étant « de nature technique. »