La Serbie organisera des élections en mai prochain

Des élections législatives et locales ont été annoncées en Serbie hier (13 mars) et auront lieu le 6 mai. L'issue de ces deux scrutins reste incertaine. C'est la quatrième fois depuis la chute du régime autoritaire de Slobodan Miloševi? en 2000 que le pays organise des élections.

EURACTIV.rs
Serbian Flag.JPG
Serbian Flag.JPG

Des élections législatives et locales ont été annoncées en Serbie hier (13 mars) et auront lieu le 6 mai. L'issue de ces deux scrutins reste incertaine. C'est la quatrième fois depuis la chute du régime autoritaire de Slobodan Miloševi? en 2000 que le pays organise des élections.

Le mécontentement est grand en Serbie en raison du manque de réformes, du taux de chômage élevé (plus de 20 %), de la corruption et de la lenteur de la procédure d'adhésion à l'UE.

La plupart des sondages d'opinion indiquent que le Parti progressiste serbe de l'opposition jouit d'un léger avantage. Ce parti a été créé en 2008 suite à la division du Parti radical serbe nationaliste dont le leader, Vojislav Šešelj, fait l'objet de poursuites pour crimes de guerre à La Haye depuis maintenant plusieurs années.

Toutefois, une partie de la population garde ses distances avec l'approche populiste des progressistes et reste sceptique quant à la position pro-européenne du parti, dans la mesure où ses leaders occupaient il y a peu des postes haut placés au sein du Parti radical.

Le souhait du pays d'adhérer à l'Union européenne occupera sans doute une place centrale dans la campagne, mais l'économie et l'emploi resteront sans doute les thèmes clés. Tous feront probablement de nombreuses promesses populistes et certains s'y sont déjà mis, avant même l'annonce des élections.

Dans leurs déclarations officielles, les progressistes véhiculent le message que leur victoire ne dévierait pas le pays de sa trajectoire vers l'Europe. Toutefois, le Parti démocratique du président serbe, Boris Tadi?, est perçu comme un partenaire plus fiable s'agissant d'aider le pays à atteindre son objectif, à savoir l'adhésion à l'UE.

La Serbie a obtenu le statut de candidat à l'UE le 2 mars dernier.

La tenue des élections au nord du Kosovo sera également un paramètre à prendre en compte. Ces dernières années, ces élections avaient lieu dans la région majoritairement peuplée par des Serbes loyaux à Belgrade. Les autorités kosovares sont contre l'idée d'élections distinctes et l'issue des négociations à ce sujet aura certainement un impact sur l'intégration européenne de la Serbie (voir « Contexte »). Le Parti progressiste a adopté une approche bien plus intransigeante vis-à-vis du Kosovo.

Les élections de 2008 ont également été organisées au Kosovo et la présidente du parlement serbe, Slavica ?uki? Dejanovi? avait déclaré que les élections locales auraient lieu dans toutes les municipalités où le mandat de quatre ans des députés avait expiré, qu'elles soient situées au sud ou au nord du Kosovo.

Quelle coalition ?

Selon les experts, la formation du prochain gouvernement dépendra à la fois du résultat de l'élection et de la capacité des partis à trouver des partenaires de coalition. Les deux partis les plus forts, les démocrates et les progressistes, ont exclu de gouverner ensemble au sein d'une grande coalition suite aux élections, ce qui aurait pu leur permettre de garantir une majorité des deux tiers convaincante.

Il est très peu probable que le Parti démocratique de Serbie conservateur, dirigé par l'ancien premier ministre Vojislav Koštunica, se joigne aux démocrates de M. Tadi? à l'issue des élections, même si les deux partis étaient membres de l'opposition qui a renversé le régime Miloševi? il y a 12 ans.

Il est donc impossible de prévoir comment se formera la coalition au pouvoir avant le résultat du scrutin. Les rebondissements sont fréquents sur la scène politique serbe. En 2008, par exemple, le Parti démocratique a formé une coalition avec le Parti socialiste fondé en 1990 par M. Miloševi? et il compte toujours des effectifs qui ont travaillé sous son régime.

Il est donc possible que le parti qui remportera le plus de voix n'entre pas au gouvernement. C'est d'ailleurs ce qu'il s'est passé en 2003 lorsque le Parti radical a récolté le soutien de 27,6 % des députés, environ 10 % de plus que le second parti, mais n'a pas pu entrer au gouvernement. Ce scénario s'est répété en 2007 lors que les radicaux étaient à nouveau le parti le plus fort en Serbie.

Certains experts pensent que le Parti progressiste aura plus de chances de former une coalition qu'en 2008 lorsqu'il portait encore le nom de Parti radical. La situation a en effet bien changé dans la politique serbe depuis les précédentes élections : le Parti progressiste rencontre aujourd'hui des représentants de la Commission européenne et des ambassadeurs des Etats membres de l'Union. Ils ne sont plus considérés comme infréquentables ou comme un parti menant la Serbie à sa perte comme l'étaient les radicaux.

Nouvelle procédure

Pour la première fois, de nouvelles règlementations seront mises en oeuvre dans le cadre de ces élections. Certaines d'entre elles font partie des conditions imposées par l'UE pour l'adhésion du pays. Il s'agit surtout de l'interdiction pour les partis de nommer un nouveau député en cas de conflit avec l'un de leurs représentants.

Les partis devront également rembourser les fonds alloués pour leur campagne s'ils ne récoltent pas 1 % des voix, ou 0,2 % pour les partis minoritaires. Des quotas hommes/femmes ont aussi été introduits : un candidat sur trois devra être une femme.