La Serbie rejoint la liste des pays candidats à l’UE

Après plusieurs mois de tergiversations, le Conseil européen a fini par accorder le statut de pays candidat à la Serbie. Les négociations en vue de son adhésion vont pouvoir commencer.

EURACTIV.fr

Après plusieurs mois de tergiversations, le Conseil européen a fini par accorder le statut de pays candidat à la Serbie. Les négociations en vue de son adhésion vont pouvoir commencer.

Les rebondissements de début de semaine n’auront pas eu raison de la candidature serbe à l’Union européenne. Dans la soirée du 1er mars, les dirigeants des Vingt-Sept ont décidé d’octroyer le statut de candidat au pays.

Retournement de dernière minute

Cette avancée a été rendue possible à la suite de la « normalisation » des relations entre la Serbie et le Kosovo le 24 février. Belgrade ne reconnaît toujours pas l’indépendance de son ancienne province, mais a accepté une formule autorisant la représentation de Pristina dans les forums régionaux, ainsi que la gestion des frontières entre le Kosovo et la Serbie. 

Dans la journée, mardi 28 février, une question jusqu’à présent ignorée et soulevée par la Roumanie a toutefois laissé craindre un nouvel échec pour Belgrade dans ses relations avec l’UE, après celui de décembre. Bucarest a inopinément posé de nouvelles conditions, inquiète du maintien des droits dont bénéficie la minorité Valaques (30 000 personnes) en Sebie, considérée en partie comme roumaine.

Un accord garantissant les droits des minorités a été trouvé entre les deux parties juste avant l’arrivée des chefs d’État et de gouvernement à Bruxelles, jeudi 1er mars en fin d’après-midi.

Manœuvre politique

Certains ont vu dans cette manœuvre une tentative du gouvernement roumain de faire pression sur les autres pays présents au sommet pour marchander son adhésion et celle de la Bulgarie à l’espace Schengen.

Le veto néerlandais, soutenu par d’autres États comme la France, bloque le dossier depuis plusieurs mois. Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a nié les liens entre les deux sujest lors d’une conférence de presse dans la soirée du 1er mars.

Arrestation des criminels

La candidature serbe a été déposée en 2009 et a nécessité de nombreux efforts de la part des autorités du pays. En particulier en ce qui concerne la capture des criminels de guerre qui étaient recherchés par le Tribunal pénal international de La Haye depuis la fin de la guerre de Bosnie en 1995.

Les arrestations, au printemps 2011, de Ratko Mladic, ancien chef militaire des Serbes de Bosnie durant le conflit, puis de celle de  Goran Hadzic, ancien responsable des Serbes de Croatie, ont été perçues par les capitales européennes comme des signaux extrêmement positifs.

Cette décision est une très bonne nouvelle pour le premier ministre Boris Tadic, qui a toujours soutenu l’appartenance de son pays à l’Europe. Un nouvel échec aurait été instrumentalisé par les nationalistes lors des élections législatives prévues en juin 2012.

Mais le chemin qui reste à parcourir avant l’adhésion pleine est entière du pays à l’UE est encore long. Le début formel des négociations est encore à valider et il est peu probable que les Serbes n’intègrent l’Union avant la fin de la décennie. A titre de comparaison, la procédure croate, qui aboutira le 1er juillet 2013 avec l’entrée du pays dans l’UE, a commencé en 2004.

Actuellement, le Monténégro, la Turquie et l’Islande sont aussi en pourparlers avec Bruxelles en vue de leur adhésion.