La situation économique pourrait s’améliorer en Europe
L’Europe pourrait arriver à un tournant après des années de crise économique et financière. Le taux d’emprunt interbancaire Euribor et l’indice du climat des affaires en Allemagne paraissent solides alors que le chômage recule en Espagne.
L’Europe pourrait arriver à un tournant après des années de crise économique et financière. Le taux d’emprunt interbancaire Euribor et l’indice du climat des affaires en Allemagne paraissent solides alors que le chômage recule en Espagne.
La Banque centrale européenne (BCE) est priée d’assouplir davantage la politique monétaire afin de refléter la reprise éventuelle de l'économie de la zone euro. Cette pression diminue, car le taux Euribor a légèrement augmenté le 26 juillet.
L’indice du climat des affaires en Allemagne est en hausse pour le troisième mois consécutif. La plus grande économie de la zone euro pourrait enregistrer une croissance d'ici la fin de l'année. La confiance des consommateurs en France est également en augmentation. Un signe économique positif pour les ministres français qui affirment que le pays sort de la récession.
L'indice Ifo du climat des affaires en Allemagne est passé de 105,9 à 106,2 entre juin et juillet. Il se base sur une enquête mensuelle auprès d'environ 7 000 entreprises.
L’économiste de l’Ifo Klaus Wohlrabe a expliqué à Reuters que l'Allemagne pourrait enregistrer une croissance de 0,9 % au deuxième trimestre et de 0,4 % au cours des deux trimestres suivants. Soit une progression annuelle de 0,6 %.
La puissance industrielle a évité de peu une récession, car la croissance se situait seulement à 0,1 % au début de l'année 2013.
« En ce moment, rien n'indique que l'économie d'autres pays de la zone euro affecte les entreprises allemandes », a ajouté M. Wohlrabe.
L'Espagne se stabiliserait-elle ?
Le chômage est un problème-clé en Espagne. Le pays comptait 225 000 chômeurs de moins au cours du deuxième trimestre, le recul le plus important depuis le début de la crise il y a cinq ans. Le nombre de sans-emploi s'élève à 5,98 millions (26,3 %), légèrement en dessous du seuil symbolique des 6 millions.
Les banques espagnoles ont été fortement exposées à des actifs et à des prêts toxiques à cause de l'effondrement de l'immobilier. Ils ont pesé sur leur bilan et ont absorbé jusqu'à 42 milliards d’euros d'aide européenne.
Trois institutions bancaires, dont Bankia, qui a été renflouée, ont indiqué le 25 juillet que les créances douteuses grimpaient toujours. Elles ont cependant réalisé des bénéfices considérables au premier semestre sur des réductions de la valeur des actifs immobiliers et des gains sur opérations.
L'entreprise de télécommunications Telefónica et le géant pétrolier Repsol sont deux poids lourds espagnols fortement exposés aux économies étrangères. Leurs rapports d'activités sont encourageants.
La banque centrale a récemment publié un rapport sur la stabilisation de l'économie espagnole au deuxième trimestre. Le premier ministre, Mariano Rajoy, estime en outre que l'économie sortira de la récession au cours de ce trimestre-ci.
« Même les données corrigées des variations saisonnières [relatives au chômage] sont plus optimistes que prévu, ce qui correspond aux améliorations économiques envisagées par la Banque d'Espagne », a déclaré Angel Laborda, un économiste du groupe de réflexion Funcas.
L'économie britannique se relève également. Des données du gouvernement indiquent une croissance de 0,6 % entre avril et juin, deux fois plus qu'au cours du premier trimestre de 2013. Selon le chancelier George Osborne, la Grande-Bretagne « se porte mieux ».
Scepticisme
Des analystes préviennent toutefois que l'UE a encore du pain sur la planche avant de sortir de la crise.
« La petite augmentation de l'indice Ifo en juillet prouve que l'économie se redresse. Mais la reprise sera probablement modeste », a mis en garde Jennifer McKeown de Capital Economics. « Les récentes données chiffrées sur le commerce et la production industrielle sont fragiles. Elles nous préviennent qu'il ne faut pas trop se laisser emporter par la rapidité de la reprise. »
Le Fonds monétaire international (FMI) doute de la reprise économique. La crise financière pèse toujours sur la zone euro et le secteur financier reste faible.
Dans son rapport article IV, le FMI indique que la reprise est furtive en raison des marchés financiers fragmentés entre les pays. Ce rapport se base sur des discussions entre les économistes du FMI et des représentants des gouvernements et des banques centrales. Selon le document, la BCE devrait assouplir davantage sa politique monétaire en réduisant, par exemple, les taux d'intérêt si les conditions financières se dégradent.
Les dirigeants des 19 plus grandes économies mondiales et l'UE se réuniront en septembre à l'occasion du G20. Ils se concentreront sur l'amélioration de la confiance mondiale et le soutien à la reprise économique, a déclaré le Conseil européen le 26 juillet.
Les priorités du sommet sont la croissance et l'emploi, l'achèvement des réformes financières et la fraude fiscale.