La Slovaquie engagée dans le stockage du carbone dans les sols agricoles

Alors que l’UE attend toujours que la Commission propose un cadre commun pour la promotion des pratiques agricoles qui contribuent à éliminer le carbone de l’atmosphère, la Slovaquie a créé un nouveau fonds pour l’utilisation des terres à des fins écologiques.

/ EURACTIV.com
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Les agriculteurs pourront recevoir des subventions spéciales, par exemple pour l’application de plus d’engrais biologiques plutôt que synthétiques, la pratique du semis direct et de l’agriculture régénérative ainsi que la création de particularités topographiques ou la rotation des cultures. [SHUTTERSTOCK]

Alors que l’Union européenne attend toujours que la Commission européenne propose un cadre commun pour la promotion des pratiques agricoles qui contribuent à éliminer le carbone de l’atmosphère, la Slovaquie a pris les devants et créé un nouveau fonds pour l’utilisation des terres à des fins écologiques.

L’argent de ce fonds récompensera les agriculteurs pour leurs pratiques écologiques sur leurs terres, a déclaré le secrétaire d’État du ministère, Martin Kováč.

S’adressant à EURACTIV Slovaquie, M. Kováč a expliqué que les agriculteurs pourront recevoir des subventions spéciales, par exemple pour l’application de plus d’engrais biologiques plutôt que synthétiques, la pratique du semis direct et de l’agriculture régénérative ainsi que la création de particularités topographiques ou la rotation des cultures.

« Cela améliore la capacité du sol à retenir l’eau et aussi à stocker le carbone », a-t-il expliqué.

De cette manière, le nouveau fond slovaque représente un soutien financier pour ce que l’exécutif européen a récemment appelé le stockage du carbone dans les sols agricoles.

Le nouveau fonds slovaque pour le climat ne sera pas lié à la Politique agricole commune (PAC), le programme de subventions agricoles de l’UE, mais il sera financé par plusieurs sources, a expliqué M. Kováč.

Tout d’abord, il sera alimenté par une partie des recettes du système communautaire d’échange de quotas d’émission de carbone (SEQE). Le deuxième apport proviendra des contributions volontaires des entreprises privées intéressées par le stockage du carbone dans les terres.

Enfin, le ministère entend également financer le fonds grâce aux pénalités financières imposées aux agriculteurs qui dégradent les sols.

« L’objectif est de motiver les agriculteurs à pratiquer une meilleure et plus respectueuse gestion des terres. Le mécanisme de pénalités n’interviendrait qu’en dernier recours », a ajouté le secrétaire d’État.

Le fonds fait partie d’un nouveau concept directeur du gouvernement intitulé « Terre : eau et banque carbone », qui est en cours de préparation par M. Kováč, qui a pris ses fonctions au ministère en janvier.

Il prévoit de rédiger une proposition législative pour le fonds cette année. Toutefois, on ne sait pas encore quelle sera la réaction de la coalition gouvernementale à cette idée.

L’UE est à la traîne

Dans le même temps, l’exécutif européen devrait présenter d’ici la fin de l’année une proposition de cadre européen sur la manière de certifier et de rémunérer les pratiques agricoles qui contribuent à capturer le carbone dans les sols.

Le commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, a exprimé à plusieurs reprises son soutien à la promotion de cette pratique et la Commission a présenté les premières mesures allant dans ce sens dans une communication sur les cycles du carbone publiée à la fin de l’année dernière.

La recherche d’une position commune des États membres sur la question a également été une priorité du ministre français de l’Agriculture, Julien Denormandie, pour la présidence française du conseil des ministres de l’Agriculture de l’UE, qui durera jusqu’à la fin du mois de juin.

Toutefois, toute une série de questions techniques et pratiques sur la forme que prendrait un système de certification et de rémunération restent en suspens, et le sujet est quelque peu passé au second plan ces derniers temps, les inquiétudes liées à l’impact de la guerre en Ukraine ayant occupé le devant de la scène lors des dernières réunions des ministres de l’Agriculture.

La Slovaquie n’est pas le premier pays à avoir décidé d’aller de l’avant avec des initiatives nationales dans l’attente d’un cadre européen.

La France, par exemple, a déjà mis en place un système volontaire de crédits carbone, par lequel les agriculteurs peuvent vendre des certificats d’émissions négatives à d’autres entreprises. L’Espagne a quant à elle choisi de rémunérer certaines pratiques sobres en carbone par le biais des subventions de la PAC.