La Slovaquie s’enlise dans une crise politique qui semble interminable

La Slovaquie s’enfonce dans la crise politique, alors que les partis de la coalition au pouvoir se sont mis d’accord sur un remaniement ministériel, et que le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a annulé sa rencontre avec le Premier ministre.

EURACTIV Slovaquie
Slovakia’s Prime Minister Robert Fico shot in Handlova
Le Premier ministre slovaque, Robert Fico. [EPA-EFE/Szilard Koszticsak]

BRATISLAVA — La Slovaquie s’enfonce dans la crise politique, alors que les partis de la coalition au pouvoir se sont mis d’accord sur un remaniement ministériel, et que le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a annulé sa rencontre avec le Premier ministre.

Le Premier ministre slovaque Robert Fico (Smer — social-démocratie) a annoncé mercredi soir que lui et ses partenaires de coalition, le Hlas — social-démocratie et le Parti national slovaque (SNS), avaient convenu de modifier le manifeste de la coalition.

Le gouvernement de Robert Fico est en crise depuis l’automne, suite à des défections chez ses deux partenaires de coalition. Au départ, la coalition disposait d’une faible majorité de 79 députés sur les 150 que compte le parlement, soit juste au-dessus du seuil critique de 76 sièges. Depuis, elle peine à trouver une majorité stable pour gouverner.

Les partis de la coalition ont donc convenu de modifier le manifeste de la coalition et d’effectuer des remaniements ministériels. Selon la dernière annonce, le Smer-SD de Robert Fico reprendra un ministère à chacun de ses partenaires de coalition, obtenant le ministère de l’Informatisation du Hlas-SD et le ministère du Tourisme et des Sports du SNS.

Robert Fico a souligné que son parti avait l’intention de profiter de son influence politique accrue pour stabiliser la coalition et reconquérir une majorité parlementaire.

Cependant, rien ne permet de savoir quand, ou si, la crise sera complètement résolue.

Le chef de l’opposition, Michal Šimečka, du parti libéral Slovaquie progressiste, a noté qu’en fait, « rien n’était résolu » par ce changement.

« Depuis des mois, ce conglomérat dirigé par [Robert] Fico est rongé par les conflits internes, l’impunité et la vengeance. Ils ne se soucient pas du peuple », a-t-il noté, ajoutant que la situation persisterait, car les membres de la coalition « se détestent » et n’ont pas de programme commun.

Il a conclu en affirmant que la seule véritable solution pour la Slovaquie serait d’organiser des élections anticipées.

Mark Rutte annule sa rencontre avec Robert Fico

Pour ajouter à la crise, le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, qui doit se rendre en Slovaquie jeudi, a annulé contre toute attente sa rencontre avec le Premier ministre.

Selon l’ordre du jour initial publié sur le site web de l’OTAN, le secrétaire général Mark Rutte devait rencontrer jeudi à Bratislava le président Peter Pellegrini, le Premier ministre Robert Fico et le ministre de la Défense Robert Kaliňák. Mercredi après-midi, pourtant, le nom de Robert Fico avait été retiré de l’ordre du jour.

L’un des principaux sujets attendus des discussions entre Mark Rutte et les deux autres responsables slovaques est une éventuelle augmentation des dépenses de défense.

Ces derniers mois, le secrétaire général a déclaré que les pays membres de l’OTAN devraient augmenter considérablement leurs dépenses de défense — probablement même au-delà du seuil de 3 % du PIB —, afin de dissuader efficacement les agresseurs potentiels.

Le président américain Donald Trump est allé encore plus loin, appelant les partenaires européens de l’OTAN à contribuer à hauteur de 5 % de leur PIB.

En décembre, le ministre slovaque de la Défense, Peter Kaliňák, a rejeté l’idée d’augmenter l’objectif de dépenses de défense de la Slovaquie à 3 % du PIB, la qualifiant d’« inimaginable », et a réaffirmé son engagement à maintenir un niveau minimum de dépenses de défense de 2 % du PIB dans les années à venir, conformément au manifeste du gouvernement.

Toutefois, début février, certains signes ont montré que la Slovaquie pourrait être disposée à augmenter ses dépenses de défense, à condition qu’une « part substantielle » soit allouée à des projets avec des applications civiles.

(AM)