La Slovénie déçue par la dégradation de sa note
Vendredi (3 août), la Slovénie s'est dite déçue de la dégradation de sa note souveraine par Moody's. Le pays a affirmé que l'agence n'avait pas pris en compte ses efforts de consolidation budgétaire, y compris les mesures visant à réduire son déficit et sa dette.
Vendredi (3 août), la Slovénie s'est dite déçue de la dégradation de sa note souveraine par Moody's. Le pays a affirmé que l'agence n'avait pas pris en compte ses efforts de consolidation budgétaire, y compris les mesures visant à réduire son déficit et sa dette.
Jeudi soir, Moody's a dégradé la note des obligations souveraines de la Slovénie de A2 à Baa2, tout juste deux crans au-dessus de la catégorie spéculative. L'agence a justifié sa décision par les inquiétudes concernant le système bancaire du pays et sa vulnérabilité croissante face aux chocs du marché.
« Nous sommes déçus que l'agence n'ait pas pris en compte les mesures qu'a adoptées le gouvernement ces derniers mois dans le domaine de la consolidation des finances publiques », a déclaré le ministère des finances dans un communiqué.
Des problèmes différents de ceux de l'Espagne, de l'Italie ou encore de la Grèce
Dans son communiqué, le gouvernement a déploré la décision de Moody's, « car les indicateurs macroéconomiques de la Slovénie, y compris son déficit et sa dette publique, ne peuvent pas être comparés à ceux de l'Espagne, de l'Italie ou de la Grèce ». « Les problèmes rencontrés par le secteur bancaire ne sont pas non plus aussi graves qu'en Espagne. »
Jeudi, l'agence de notation a expliqué que cette perspective négative reflétait son opinion selon laquelle les défis de financement et les risques encourus par le système financier demeuraient substantiels.
« La détérioration de l'environnement économique amplifie ces risques et laisse entrevoir la possibilité qu'une aide extérieure puisse être nécessaire », a ajouté Moody's.
Le déficit budgétaire de la Slovénie est passé de zéro en 2007 à 6,4 % en 2011, alors que son économie sort d'une décennie de forte croissance. Le gouvernement de centre-droit du premier ministre, Janez Jansa, espère toutefois le ramener à 3,6 % cette année.
Ses banques, pour la plupart détenues par l'Etat, devraient clore l'année 2012 en perte pour la quatrième année consécutive, après une perte combinée de 200 millions d'euros en 2011, notamment due à des créances pourries.
La Slovénie n'a pas besoin d'aide
Le mois dernier, l'institut macroéconomique du gouvernement a annoncé que les prêts irrécouvrables des banques locales avaient atteint 6 milliards d'euros au premier trimestre et devraient continuer de prendre de l'ampleur.
Dans son communiqué de jeudi, Moody's a expliqué que le système bancaire compterait sans doute de plus en plus de prêts irrécouvrables.
Standard & Poor's accorde une note A-plus à la Slovénie et Fitch, une note A. Ces deux notations ont des perspectives négatives.
Le gouvernement de M. Jansa a démenti les rumeurs du marché selon lesquelles la Slovénie pourrait devenir le sixième pays de la zone euro à demander une aide extérieure en raison des problèmes de ses banques.
Dans le même temps, vendredi, le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, a laissé la porte ouverte à une requête d'aide extérieure éventuelle, bien qu'il ait affirmé vouloir d'abord connaître les conditions d'un tel programme et la forme qu'il prendrait.
L'Espagne réfléchit
Lors d'une conférence de presse vendredi, M. Rajoy a affirmé qu'aucune décision ne pourrait être prise tant que les détails n'auraient pas été analysés. Il s'est toutefois dit prêt à faire ce qui serait le mieux pour son pays.
Il a donc été plus loin que la veille, lorsqu'il avait à trois reprises refusé de dire s'il demanderait une aide et une action concertée de la Banque centrale européenne et du fonds de sauvetage de l'Union européenne pour faire chuter les coûts d'emprunt de l'Espagne.
« Je ferai, comme toujours, ce qui selon moi est dans le meilleur intérêt du peuple espagnol », a-t-il déclaré vendredi.
« Nous ne savons pas encore de quelles mesures il s'agit », a-t-il ajouté, en référence à un commentaire du président de la Banque centrale européenne, Mario Draghi, selon lequel la banque envisagerait des mesures non traditionnelles pour sauver l'euro.
« Je veux savoir en quoi consistent ces mesures, ce qu'elles impliquent, si elles sont appropriées. A la lumière des circonstances, nous prendrons une décision, mais je n'ai pas encore fait mon choix », a-t-il déclaré.