La stabilité et la croissance françaises débattues à l’Assemblée
Les ministres des Finances et du Budget, Christine Lagarde et François Baroin, ont présenté aux députés français leur stratégie pour poursuivre la croissance et stabiliser l’économie jusqu’en 2014.
Les ministres des Finances et du Budget, Christine Lagarde et François Baroin, ont présenté aux députés français leur stratégie pour poursuivre la croissance et stabiliser l’économie jusqu’en 2014.
« Nous n’avons pas à rougir de nos estimations», ont déclaré, mardi 19 avril, Christine Lagarde et François Baroin, devant la commission des Finances de l’Assemblée nationale, lors de la présentation du Programme de stabilité et de croissance français pour la période 2011-2014.
La ministre de l’Économie avait déjà fait part de son optimisme en annonçant, début avril, une hausse du taux de croissance de 2% pour l’année 2011. Les chiffres de l’OCDE , publiés quelques jours après, diffèrent de ces estimations en prévoyant une croissance de 1,6%.
Cette progression est conforme aux exigences du semestre européen, arrêtées par les ministres des Finances de l’Union, en septembre 2010. Ce mécanisme met en place des mesures pour renforcer la coordination des politiques budgétaires entre les États membres.
Le Programme de stabilité et de croissance français répond aux critères européens pour une nouvelle gestion de l’économie. Il complète le Programme national de réforme à l’horizon de 2020 (PNR), que communiquera la France aux institutions en même temps que le Programme de stabilité.
Maintenir l’équilibre budgétaire
Les ministres l’assurent, si la croissance a repris et s’établira, selon leurs prévisions, à 2,25% en 2012, et 2,5% en moyenne pour 2013 et 2014, c’est au prix du maintien de la rigueur budgétaire.
Les rares dépenses au programme serviront à relancer les secteurs de l’investissement. L’industrie bénéficiera d’un plan de restructuration de près de 200 millions d’euros, et les placements des petites et moyennes entreprises seront facilités.
François Baroin a confirmé le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Le ministre a réaffirmé qu’aucun impôt supplémentaire ne serait proposé d’ici 2014.
Principal outil du maintien de l’équilibre budgétaire, la loi de finances publiques pour 2011, présentée en Conseil des ministres en septembre 2010. Elle prévoit un déficit budgétaire de 5,7 % en 2011, contre 8% en 2010.
« Le gouvernement est déterminé à poursuivre sa politique de consolidation des finances publiques afin de ramener le déficit public à 3% du PIB à l’horizon 2013, quelle que soit la conjoncture », lit-on dans le Programme de stabilité.
Coup d’envoi du débat
L’opposition est revenue, dans ses questions, sur certains points de tension, comme par exemple l’emploi.
Le député socialiste, Pierre-Alain Muet, regrette que les prévisions de création d’emplois se limitent uniquement au secteur marchand (ventes de biens et de services sur le marché).
« Nous sommes d’accord pour dire que les mesures d’emplois sont nécessaires à la protection sociale, mais nous préférons proposer aux Français des emplois durables, et stables à long terme dans le secteur marchand », a répondu la ministre.
L’Assemblée se prononcera en séance sur ce texte le 2 mai, en présence de François Baroin et Christine Lagarde.
Le programme de stabilité et de croissance sera ensuite examiné par la Commission et les ministres européens des Finances, le 10 mai.