La Suède envisage d’introduire des centres obligatoires gérés par l’État pour les demandeurs d'asile

Le gouvernement suédois et son allié d’extrême droite au parlement veulent introduire des centres d’asile obligatoires gérés par l’État afin d’améliorer le suivi des demandeurs d’asile dans le pays.

EURACTIV.com
Arrival of 32 rescued migrants to Fuerteventura
Selon le ministre des Migrations, Johan Forssell, 65 % des demandeurs d’asile choisissent de vivre dans leur propre logement, ce qui augmente les risques de marginalisation et de surpopulation dans certaines municipalités. [EPA-EFE/Carlos de Saa]

Le gouvernement suédois et son allié d’extrême droite au parlement veulent introduire des centres d’asile obligatoires gérés par l’État afin d’améliorer le suivi des demandeurs d’asile dans le pays.

Les résultats d’une étude commandée par le gouvernement suédois et présentée mardi 15 octobre suggèrent que les demandeurs d’asile devraient être restreints à une certaine zone et que leur présence devrait être contrôlée, sous peine de perdre leurs allocations.

« En règle générale, vous ne pouvez séjourner que dans le comté où le logement pour le demandeur d’asile est enregistré. Il s’agit d’une zone relativement vaste, et vous devez pouvoir utiliser les contacts, les services sociaux et les loisirs », a déclaré Ingela Fridström, chargée de rédiger l’étude.

Le gouvernement suédois entend donc proposer une sorte de centre d’asile obligatoire, placé sous la supervision de l’Agence suédoise des migrations, où les demandeurs d’asile devront vivre tout au long de la procédure d’asile.

« Selon le système actuel, l’Agence suédoise des migrations doit proposer un logement aux demandeurs d’asile nouvellement arrivés, mais ces derniers peuvent également choisir de vivre ailleurs s’ils le souhaitent, par exemple chez des parents », explique Bernd Parusel, chercheur principal à l’Institut suédois d’études politiques européennes, à Euractiv.

Les demandeurs d’asile qui ne vivent pas dans des logements désignés pourraient perdre leur droit à une allocation journalière de 71 couronnes suédoises (6,26 euros).

Selon le chercheur, le système proposé est légal en vertu de la législation européenne et du nouveau pacte sur la migration et l’asile adopté plus tôt cette année, et est un signe clair que la Suède souhaite adopter une approche plus restrictive et moins généreuse de l’immigration.

« Les États membres ne peuvent pas détenir les demandeurs d’asile, mais ils peuvent restreindre leur mobilité », ajoute-t-il.

De telles dispositions existent en Allemagne, en France et en Autriche.

Un contrôle accru

Selon le ministre des Migrations, Johan Forssell, 65 % des demandeurs d’asile choisissent de vivre dans leur propre logement, ce qui augmente les risques de marginalisation et de surpopulation dans certaines municipalités.

« Le gouvernement suédois tente de réduire ce qu’il considère comme une répartition déséquilibrée des migrants sur le territoire national, qui conduit à la marginalisation ou à la ségrégation des demandeurs d’asile », explique Bernd Parusel.

Selon lui, il s’agit d’un grand changement qui montre la volonté du gouvernement suédois de reprendre le contrôle de l’intégration, mais aussi d’éviter de perdre la trace des demandeurs d’asile dont la demande a été rejetée.

« Il sera plus facile de retrouver les personnes dont la demande d’asile a été rejetée », a en effet affirmé Johan Forsell lors d’une conférence de presse.

En Suède, 12 600 personnes sont actuellement enregistrées dans le système d’accueil de l’Office des migrations.

Le gouvernement suédois va maintenant rédiger un projet de loi qui pourrait être soumis au vote du parlement en 2025 ou 2026, a ajouté le ministre suédois.