La Suède et la Finlande renforcent leur coopération pour lutter contre la criminalité suédoise
La Suède et la Finlande se sont engagées à renforcer leur coopération dans la lutte contre le crime organisé en Suède et ses répercussions, y compris en autorisant la police à franchir les frontières, ont déclaré les gouvernements des deux pays.
La Suède et la Finlande se sont engagées à renforcer leur coopération dans la lutte contre le crime organisé en Suède et ses répercussions, y compris en autorisant la police à franchir les frontières, ont déclaré les gouvernements des deux pays lors d’une réunion qui s’est tenue lundi 16 septembre en Suède.
À l’occasion de la visite en Suède du gouvernement finlandais, dirigé par le Premier ministre Petteri Orpo, la Suède et la Finlande ont proposé de franchir une nouvelle étape dans la lutte contre le crime organisé suédois, qui s’étend désormais à la Finlande.
Les deux pays souhaitent approfondir leur coopération policière au point que la police puisse travailler de l’autre côté de la frontière dans les cas graves, a annoncé le ministre suédois de la Justice, Gunnar Strömmer.
« Avec des forces communes, nous serons en mesure d’intervenir de manière beaucoup plus résolue qu’auparavant des deux côtés de la frontière », a-t-il précisé.
Le gouvernement suédois présentera le nouveau projet de loi sur la coopération policière au parlement mardi 17 septembre.
« Dans les zones frontalières, la Suède et la Finlande seront en mesure de travailler de manière très intégrée au sein de leurs autorités policières et d’oeuvrer également de l’autre côté de la frontière, dans le pays voisin, afin de prévenir les crimes tels que les meurtres, les enlèvements ou les vols », a exposé le ministre suédois de la Justice à la chaîne de télévision suédoise TV4 Nyheter.
« Nous devrions être en mesure de tracer des criminels lors de courses-poursuites de l’autre côté de la frontière et de nous renforcer mutuellement de part et d’autre d’une manière différente de ce que nous pouvons faire aujourd’hui », a-t-il poursuivi.
L’objectif est que la coopération soit pleinement opérationnelle dès le début de l’année prochaine, lorsque la loi devrait être approuvée par les deux parlements nationaux.
« Il se peut qu’il se passe quelque chose dans le nord de la Suède, ou qu’il n’y ait pas de policiers dans cette zone particulière du côté suédois. Mais si des policiers finlandais sont plus proches, ils pourront prévenir la criminalité et empêcher le pire de se produire », a affirmé Lulu Ranne, ministre finlandaise des Transports et des Communications.
Cette coopération policière, l’un des domaines de collaboration abordés par les Premiers ministres suédois Ulf Kristersson (modéré, PPE) et Petteri Orpo (Kok, PPE), a été saluée par le Premier ministre hôte comme un véritable « effort d’équipe », alors qu’il a également discuté avec son homologue de la coopération au sein de l’OTAN et de la santé des enfants.
La peur des gangs suédois
Après le Danemark et la Norvège, les gangs suédois se sont également implantés en Finlande, où leurs méthodes particulièrement violentes inquiètent les autorités. Le gouvernement finlandais espère qu’une nouvelle coopération policière permettra d’arrêter les gangs.
« Cela aidera. Il est important pour la Finlande que nous puissions empêcher le développement qui se produit en Suède », a déclaré la ministre finlandaise Lulu Ranne.
« Bien sûr, nous sommes inquiets, mais la coopération avec la Suède et les polices de sécurité suédoise et finlandaise fonctionnent bien à de nombreux niveaux. Nous travaillons également avec les douanes et les services de secours », a-t-elle ajouté.
En août, le Danemark a annoncé qu’il introduirait des contrôles aux frontières avec la Suède, à la suite d’une résurgence de la violence des gangs suédois qui s’est propagée au Danemark ces dernières semaines, et après l’arrestation de Suédois soupçonnés d’avoir commis plusieurs crimes violents au Danemark.
En réponse à cette situation, un centre nordique composé de policiers finlandais, norvégiens et danois sera mis en place à Stockholm. Des policiers norvégiens et finlandais y participent déjà, et des policiers danois les rejoindront dans quelques semaines.
La Suède, qui ne compte que 10 millions d’habitants, affiche le taux de violence armée par habitant le plus élevé de l’Union européenne, avec 55 fusillades mortelles en 363 incidents l’année dernière, soit bien plus que le total combiné de six fusillades mortelles dans les trois autres pays nordiques.