La Suisse rejoint un projet européen visant à faciliter la circulation des armées et des équipements de défense
Les États membres de l’Union européenne (UE) sont sur le point d’approuver l’adhésion de la Suisse au projet « Military Mobility », qui vise à assurer la fluidité des mouvements des armées et des équipements de défense en Europe.
Les États membres de l’Union européenne (UE) sont sur le point d’approuver l’adhésion de la Suisse au projet « Military Mobility », qui vise à assurer la fluidité des mouvements des armées et des équipements de défense en Europe.
La Suisse a décidé d’adhérer au projet de mobilité militaire financé par l’UE, auquel participent des pays non membres de l’UE comme le Royaume-Uni, les États-Unis, le Canada et la Norvège.
L’intérêt de la Suisse pour ce projet était connu depuis longtemps, mais Berne doit encore obtenir l’approbation des États de l’UE — attendue jeudi 9 janvier — et des autres membres du projet pour rejoindre officiellement le club, selon l’ordre du jour de la réunion.
Avec l’adhésion de la Suisse, les Européens entendent combler le trou noir qui persistait au centre du continent, que les armées des différents pays de l’Union auraient été obligé de contourner en cas de conflit, ou de franchir au cas par cas.
« La participation de la Suisse au projet Military Mobility vise principalement à améliorer les processus administratifs grâce à une standardisation accrue », a annoncé le ministère suisse de la Défense.
Le projet « Military Mobility » vise à réduire les délais de déplacement en facilitant le mouvement des troupes et des équipements de défense entre les pays.
Le financement de l’UE doit permettre de moderniser des infrastructures, telles que des ports, des routes et des chemins de fer à travers l’Europe, afin de répondre à des normes militaires spécifiques, d’identifier des itinéraires pour le déplacement des armées et de réduire certaines formalités administratives.
Le projet doit permettre aux armées de déplacer des chars d’assaut, de savoir quelles autoroutes sont sûres pour l’atterrissage des avions de chasse et de connaître la limite de poids d’un pont.
La nécessité d’une mobilité efficace des forces armées sur le continent européen n’a cessé de croître depuis l’invasion de l’Ukraine par la Russie, en février 2022. En novembre de cette année-là, l’UE a inclus dans ce projet des routes et d’autres infrastructures de transport vers l’Ukraine, la Moldavie et les Balkans occidentaux, en prévision d’éventuels conflits sur le continent.
Malgré son adhésion prochaine au projet, la Suisse reste neutre militairement. « Une participation financière [au projet] n’est pas prévue pour l’instant », a également indiqué le porte-parole du ministère suisse à Euractiv.
La Turquie a également candidaté, mais a été exclue du projet en raison de son conflit avec Chypre.
La Suisse souhaite également rejoindre le projet « Cyber Ranges Federation ». Piloté par l’Estonie depuis 2021, il vise à réunir les cyber-champs de tir nationaux afin d’améliorer les exercices de cyberdéfense, le partage des connaissances, l’analyse des risques, l’éducation et la formation, ainsi que les tests d’équipement.
[Édité par Anna Martino]