La Suisse se protège en liant le cours de sa monnaie à l’euro
Le surenchérissement de la devise helvétique met à mal l’économie nationale. Désormais, le taux de change avec l’euro ne pourra être inférieur à 1,20.
Le surenchérissement de la devise helvétique met à mal l’économie nationale. Désormais, le taux de change avec l’euro ne pourra être inférieur à 1,20.
Depuis le début de l’année, le franc suisse est devenu la victime collatérale de l’euro. La monnaie unique traversant une crise de confiance, les investisseurs ont désormais élu la devise helvétique comme valeur refuge. L’Union syndicale suisse (USS) avait même attribué le renchérissement du franc aux mouvements de spéculation opérés par les banques suisses, qui miseraient sur une hausse du cours pour attirer les investisseurs.
La surévaluation de la monnaie a atteint un pic le 10 août, le franc suisse étant alors quasiment à égalité avec l’euro (1,026 CHF pour 1 euro). Ce jour-là, Nestlé avait annoncé un chiffre d’affaires en recul de 12,9 % par rapport au premier semestre 2010. Aujourd’hui, un euro vaut environ 1,20 franc suisse, soit le seuil fixé par la Banque nationale suisse, qui a voulu mettre un terme à l’envolée de la devise nationale.
Des emplois toujours menacés ?
Pour stabiliser le taux de change, la BNS a dû vendre massivement des francs suisses contre de l’euro. Une décision immédiatement saluée par l’USS, qui avait tiré la sonnette d’alarme sur les conséquences du renchérissement du franc suisse. « L’industrie d’exportation est menacée. Il en va de même pour ses fournisseurs, qui ne sont pas nécessairement des exportateurs. Car beaucoup d’entreprises exportatrices se tournent désormais vers des fournisseurs implantés dans la zone euro, qui les approvisionnent à meilleur compte ».
Mais toutes les inquiétudes ne sont pas levées : « Si le franc reste durablement en dessous du seuil de 1,30 franc/euro, près de 100 000 emplois sont en péril », estime l’organisation syndicale dans un communiqué. Fin juillet, le patron de l’empire Swatch, Nick Hayek, avait recommandé un cours de 1,35 franc pour un euro.