La tension militaire entre la Russie et les Etats-Unis inquiète l'Europe [FR]

Les relations entre la Russie et les Etats-Unis n'ayant jamais été aussi tendues depuis la guerre froide, la Commission discutera des moyens d'apaiser les tensions causées par la décision de la Russie de se retirer d'un traité clé sur le contrôle des armes.

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Les relations entre la Russie et les Etats-Unis n’ayant jamais été aussi tendues depuis la guerre froide, la Commission discutera des moyens d’apaiser les tensions causées par la décision de la Russie de se retirer d’un traité clé sur le contrôle des armes.

  • Retour de la guerre froide ?

Les tensions entre la Russie et les Etats-Unis sont une réminiscence de l’époque de la guerre froide, avec l’Europe prise entre les deux.

Alors que la secrétaire d’Etat américaine, Condoleezza Rice, maintient que le système de défense anti-missile prévu est destiné à contrer les menaces en provenance de l’Iran, V. Poutine a soutenu qu’il percevait le projet américain comme une tentative de prendre une position de force, son pays constituant à nouveau une puissance économique et politique majeure sur la scène internationale. 

 

  • « Politique du gazoduc »

La vérité dans cette affaire, pourrait se trouver dans le grand arsenal d’armes nucléaires de la Russie. Les ressources dont elle dispose pourraient en effet lui donner davantage d’influence à l’ère de l’après guerre froide. La Russie détient la plus grande réserve mondiale de gaz naturel et (le pays détient un tiers des réserves connues) et représente l’un des plus grands fournisseurs en pétrole (le 8ème du monde). 

Les Etats-Unis n’ont jamais caché leur désir de contrôler les ressources pétrolières du monde, en particulier à l’heure actuelle de l’insécurité énergétique mondiale et de la hausse de la demande. Des pays tels que la Chine et l’Inde se développent en effet rapidement alors que les approvisionnements se font de plus en plus rares. 

La Russie, en revanche, a déjà montré qu’elle pouvait utiliser ses ressources énergétiques pour contraindre ses voisins à l’obéissance politique. 

L’UE, qui dépend à 25% de l’approvisionnement russe en gaz et en pétrole, a déjà subi le poids de la « politique de gazoduc » de Moscou, lorsque la distribution de gaz à destination de l’Ukraine a été coupée l’an dernier, laissant plusieurs pays européens sans ressource (EURACTIV 04/01/06). 

Depuis, les dirigeants européens ont discrètement tourné autour de V. Poutine dans l’espoir de conclure un véritable accord bilatéral de coopération dans le domaine énergétique, qui apporterait certaines garanties aux Etats membres. Cependant, les progrès ont été bloqués en raison du veto de la Pologne au début des négociations en réponse à l’embargo russe sur la viande polonaise (EURACTIV 22/01/07). 

  • Autres sources de conflit

La décision de V. Poutine de se retirer du traité FCE a rajouté une nouvelle couche à la relation déjà conflictuelle de l’UE et la Russie, récemment sous tension au sujet du plan des Nations Unies visant à accorder le statut d’indépendance au Kosovo, une proposition soutenue par l’UE et les Etats-Unis mais à laquelle s’opposent la Serbie et la Russie (EURACTIV 28/03/07), et au sujet des préoccupations européennes sur les violations des droits de l’homme et de la liberté d’expression en Russie.

Le 26 avril 2007, le Parlement européen a adopté une résolution condamnant « le climat de la liberté d’expression qui se détériore » et appelant à mener des enquêtes sur les violations des droits de l’homme à la suite de violentes attaques par les forces de sécurité russes sur les opposants politiques de V. Poutine lors des manifestations pacifiques des 14 et 15 avril 2007 et le meurtre de la journaliste et militante des droits de l’homme, Anna Politkovskaya, en octobre 2006. 

Des tensions ont également éclaté entre l’Estonie et la Russie le 29 avril 2007, lorsque le ministre des affaires étrangères estonien, Urmas Paet, a accusé la Russie de répandre des mensonges et d’être à l’origine des trois nuits d’émeutes dans la capitale balte, Tallinn, faisant un mort et 156 blessés et l’incarcération de plus de 1 000 personnes. A l’origine de cette violence se trouvait la décision prise par l’Estonie de déplacer un mémorial de guerre soviétique qui représentait un sanctuaire pour les Russes ethniques mais un symbole de 50 ans d’oppression sous la loi russe pour les Estoniens.