La Turquie fait un pas important vers l'adhésion à l'UE [FR]
La Turquie a rempli une autre condition préalable à l'adhésion à l'UE : le 20 février, le Parlement a signé une loi ouvrant la voie à la récupération de biens saisis par l'Etat aux fondations communautaires juives et chrétiennes.
La Turquie a rempli une autre condition préalable à l’adhésion à l’UE : le 20 février, le Parlement a signé une loi ouvrant la voie à la récupération de biens saisis par l’Etat aux fondations communautaires juives et chrétiennes.
Le commissaire à l’Elargissement Olli Rehn a salué cette initiative, soulignant son importance pour assurer les droits fondamentaux et les libertés pour tous les citoyens turcs.
Sa mise en œuvre sera un test pour les progrès de la Turquie dans la garantie des droits et des libertés, a affirmé M. Rehn, ajoutant cependant que le texte officiel devrait être examiné en détails.
S’adressant à la Grande Assemblée nationale de Turquie le 12 février, le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan a affirmé que cette nouvelle loi sur les fondations montrait la détermination de la Turquie sur la route de l’adhésion à part entière à l’UE. Il espère que la Turquie en tirera plusieurs avantages.
L’UE a longtemps fait pression sur la Turquie pour introduire cette mesure, qui permet aux fondations de réclamer les biens saisis il y a plus de 30 ans, y compris les églises, les écoles et les orphelinats.
Cette loi, qui doit encore être signée par le président Abdullah Gul, permettra également aux fondations musulmanes de recevoir des aides financières de pays tiers.
Cette action du Parlement turc intervient quelques jours après l’approbation des ministres européens des Affaires étrangères d’un partenariat révisé pour l’adhésion avec la Turquie, contenant les principales conditions pour l’adhésion à l’UE et précisant que la protection des droits des minorités est l’une des priorités immédiate.
Les autres conditions mentionnées dans l’accord concernent le renforcement de la démocratie, de l’Etat de droit et des droits sociaux, politiques et humains, ainsi que des critères économiques.
En décembre dernier, l’UE a ouvert deux autres chapitres de négociations avec la Turquie relatifs aux réseaux transeuropéens et à la protection de la santé et des consommateurs, tandis que 8 des 35 chapitres sont suspendus depuis 2006, en raison du refus turc d’ouvrir ses ports et aéroports aux navires et avions en provenance de Chypre (EURACTIV 20/12/2008).
Le dernier sondage Eurobaromètre de TNS révèle que le soutien turc à l’adhésion à l’UE est en déclin constant. En raison des nombreux contretemps dans le processus de négociations avec l’UE, seuls 53 % des Turcs estiment désormais que le pays profiterait d’une adhésion à l’UE, comparé à 62 % au printemps dernier.
Les négociations devraient devenir encore plus difficiles sous la présidence française de l’UE, plutôt turcosceptique, qui succédera à la Slovénie le 1er juillet 2008.