La Turquie rejette le rapport du Parlement européen [FR]
La Turquie estime que le rapport du Parlement européen sur le rythme de ses réformes n'est pas objectif. Par ailleurs, une publication de Friends of Europe pourrait intensifier les tensions actuelles.
La Turquie estime que le rapport du Parlement européen sur le rythme de ses réformes n’est pas objectif. Par ailleurs, une publication de Friends of Europe pourrait intensifier les tensions actuelles.
Le rapport sur les progrès de la Turquie, adopté le 4 septembre 2006, pointait d’insuffisants progrès dans les domaines de la liberté d’expression, du respect des minorités, de la corruption et des violences faites aux femmmes. Ces problèmes représentent un sérieux frein à l’adhésion de la Turquie à l’UE. Le porte-parole du ministère turc des affaires étrangères, Namik Tan, s’est exprimé sur le rapport : » Nous pensons que certains élements du rapport ont été motivés par des considérations politiques loin de la réalité et en porte à faux avec la crédibilité et le sérieux du Parlement européen. »
Ce rapport est arrivé à un moment où non seulement l’UE souffre de plus en plus de la « fatigue de l’élargissement », mais également où l’opinion publique turque est de moins en moins favorable à l’adhésion de son pays à l’Union. Ainsi, selon un récent sondage Eurobaromètre, seuls 44% des Turcs considèrent l’adhésion à l’UE comme une bonne chose, contre 66% au printemps 2005. Une étude publiée en juin par le German Marshall Fund of the US a confirmé cette tendance. La classe politique turque utilise de plus en plus ce sentiment, notamment en vue des prochaines élections législatives en 2007.
D’autre part, un rapport de Friends of Europe publié le 4 septembre 2006 annonce une crise majeure cet automne concernant les négociations d’adhésion. La publication pointe quatre scénarios possibles à l’issue des négociations, du plus optimiste au plus pessimiste, tout en précisant que ces pourparlers pourraient davantage se solder par un échec. L’organisation précise que si la Turquie s’obstine à ne pas ouvrir ses ports et aéroports aux navires et avions chypriotes grecs en provenance de République de Chypre, « les pourparlers pourraient être suspendus d’ici la fin de l’année, et éventuellement ne jamais reprendre. »