La Turquie se dit plus que jamais candidate à l'entrée dans l'UE [FR]

Dans le contexte difficile créé par les prochains référendums français et néerlandais sur la Constitution, la Turquie a souhaité réaffirmer sa détermination à faire son entrée dans l'UE. Ankara a également nommé un nouveau négociateur en chef pour conduire les tractations en cours avec Bruxelles.

Dans le contexte difficile créé par les prochains référendums français et néerlandais sur la Constitution, la Turquie a souhaité réaffirmer sa détermination à faire son entrée dans l’UE. Ankara a également nommé un nouveau négociateur en chef pour conduire les tractations en cours avec Bruxelles.

Si la défaite des sociaux-démocrates lors du scrutin régional de Rhénanie-du-Nord-Westphalie devait être suivie d’un triomphe du « non » lors du référendum français sur la Constitution, il est probable que la candidature de la Turquie à l’entrée dans l’Union se trouverait durablement fragilisée. Déjà freinées par les réticences de l’opinion française, les ambitions européennes d’Ankara pourraient se voir porter un coup fatal par l’arrivée au pouvoir en Allemagne d’un gouvernement chrétien-démocrate beaucoup moins favorable aux intérêts turcs que l’actuelle coalition rouge-verte du chancelier Schröder. On reparlerait alors sans doute de « partenariat privilégié » entre Bruxelles et Ankara, plutôt que d’adhésion pure et simple de la Turquie à l’UE.     

Pour les négociateurs turcs, tous ces nuages se profilent alors même que le ciel s’est déjà assombri au cours des dernières semaines, plusieurs responsables européens ayant récemment déploré (ouvertement ou en privé) le ralentissement du processus de réformes mis en oeuvre par les autorités d’Ankara, ainsi que la montée de sentiments anti-européens au sein de l’opinion turque. 

C’est dans un tel contexte que le ministre turc de l’économie, Ali Babacan, vient d’être nommé (mardi 24 mai) à la tête de l’équipe chargée de mener les négociations d’adhésion avec Bruxelles.