La zone euro soutient le renflouement du Portugal aux conditions de la Finlande

Les ministres des finances de la zone euro ont approuvé un programme de prêt d'urgence sur trois ans pour le Portugal hier (17 mai) et ont déclaré que Lisbonne demanderait aux détenteurs d'obligations privés de continuer d'assumer la dette eux aussi.

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Les ministres des finances de la zone euro ont approuvé un programme de prêt d'urgence sur trois ans pour le Portugal hier (17 mai) et ont déclaré que Lisbonne demanderait aux détenteurs d'obligations privés de continuer d'assumer la dette eux aussi.

Cette décision entérine le troisième renflouement accordé à un pays de la zone euro de l’année, après que l’UE et le FMI ont prêté 110 milliards d’euros à la Grèce en mai dernier et 85 milliards d’euros à l’Irlande en novembre.

C’est la première fois qu’un pays demande aux investisseurs privés de ne pas vendre volontairement leurs obligations. Cela reflète la pression grandissante sur les dirigeants européens quant à l’augmentation du poids des renflouements de la part des contribuables en faveur des banques qui tiennent ladite dette périphérique de l’euro.

Dans une déclaration, l’UE a affirmé que le programme couvrirait les besoins financiers jusqu’à hauteur de 78 milliards d’euros, partagés de manière égale (26 milliards d’euros chacun) entre le Fonds européen de stabilité financière, le Mécanisme européen de stabilité financière et le Fonds monétaire international.

« En même temps, les autorités portugaises se chargeront d’encourager les investisseurs privés à maintenir leur exposition globale sur une base volontaire », peut-on lire dans la déclaration.

Le renflouement du Portugal impliquera des prêts pour fournir une aide budgétaire, une aide aux réformes et une contribution à la recapitalisation des banques.

Les ministres devraient s’entendre sur le fait que le Portugal devra payer un taux d’intérêt de 5,5 à 6,0 % pour ses prêts.

Cela correspond au coût de l'emprunt fixé par l’accord initial de la zone euro sur le financement d’urgence par le biais du Mécanisme européen de stabilité financière, plutôt qu’au taux d’emprunt plus avantageux du FESF que les leaders européens avaient suggéré en mars.

Les dirigeants de la zone euro ont abaissé les taux d’intérêt des prêts de la Grèce à 4,2 % en mars, alors qu’ils étaient initialement à 5,2 %. Mais les 5,8 % de taux d’intérêt pour l’Irlande n’ont pas été diminués, suite à un conflit concernant son taux d’imposition des sociétés, que la France et l’Allemagne considèrent trop bas.

Programme de privatisation

Le Portugal devrait également se lancer dans un ambitieux programme de privatisation pour renforcer ses finances publiques.

La demande de fonds à des investisseurs privés ainsi que le programme de privatisation étaient des conditions fixées par la Finlande vendredi dernier pour accorder leur soutien au renflouement. Tous les renflouements de la zone euro doivent être approuvés à l’unanimité par les 17 Etats membres de la zone euro.

La demande adressée aux détenteurs d’obligations semble similaire à l’Initiative de Vienne de la Banque centrale européenne, la Banque européenne de reconstruction et de développement, les régulateurs et les banques et leurs filiales en Europe centrale et en Europe de l’est depuis janvier 2009.

L’initiative lancée au plus fort de la crise financière a entraîné l’effondrement de la banque d’investissement Lehman Brothers, et était vouée à assurer que les groupes de banques mères s’engagent publiquement à maintenir leur exposition et à recapitaliser leurs filiales dans les pays d’Europe centrale et d’Europe de l’est, en tant que partie des paquets d’aide issus de l’Union européenne et du FMI.

Des membres de l’UE, la Lettonie, la Hongrie et la Roumanie ont reçu de tels paquets et les données du FMI révèlent que les engagements des banques dans le cadre de cette initiative ont été honorés.

Strauss-Kahn remplacé

Le responsable du FMI, Dominique Strauss-Kahn, qui s’est trouvé au coeur des négociations sur les trois renflouements de la zone euro, devait assister à la réunion, mais était détenu par la police new-yorkaise ce le week-end suite à des accusations concernant un viol sur une femme de chambre.

Dominique Strauss-Kahn a été représenté par Nemat Shafik, assistant du directeur général sur les opérations au FMI.

Si le Français était forcé à démissionner de son poste, cela n’affecterait probablement aucun renflouement à court terme, mais aurait peut-être un effet à plus long terme si cela menait à un changement dans la nature et le style de l’implication du FMI.

En quatre ans au FMI, DSK a été perçu comme ayant permis de rendre l’organisation moins doctrinaire lorsqu’il s’agit de fournir une aide aux pays en difficulté.

 (EURACTIV avec Reuters. Article traduit de l’anglais par EURACTIV.)