Parlement européen : l’AfD allemande renonce à réintégrer ID et envisage de former son propre groupe
L’Alternative pour l’Allemagne (AfD), parti d’extrême droite allemand, a décidé de créer son propre groupe parlementaire, abandonnant ses projets de réadmission au sein du groupe Identité et Démocratie (ID) au Parlement européen.
L’Alternative pour l’Allemagne (AfD), parti d’extrême droite allemand, a décidé de créer son propre groupe parlementaire, abandonnant ses projets de réadmission au sein du groupe Identité et Démocratie (ID) au Parlement européen.
Si le plan initial de l’AfD après les élections était d’ouvrir la voie à sa réadmission dans le groupe ID en excluant sa tête de liste controversée Maximilian Krah de ses rangs, le parti opte désormais pour la création de son propre groupe, ont indiqué plusieurs sources du parti à Euractiv.
Cette décision met fin à une courte bataille au sein de la délégation de l’AfD dans l’hémicycle européen. Initialement, une majorité de la délégation espérait rejoindre le groupe ID, trouvant peu attrayante l’idée de former une faction de petits partis, a expliqué une source.
D’autres étaient convaincus que les éventuelles restrictions et exigences du groupe ID, notamment celles de Marine Le Pen (Rassemblement national, RN), ne correspondaient pas aux intérêts du parti, critiquant l’idée de suivre d’autres partis populaires d’extrême droite pour se rapprocher du centre.
Quelques semaines avant les élections européennes, l’AfD a été exclue du groupe parlementaire ID en raison de plusieurs scandales impliquant des candidats éminents.
Les autres partis nationaux membres du groupe ID craignaient qu’une association étroite avec l’AfD ne nuise à leurs ambitions électorales en raison des opinions radicales du parti et des scandales divers, notamment d’espionnage.
Pour le nouveau chef de la délégation européenne de l’AfD, René Aust, il serait bénéfique de montrer des résultats dans les dix prochains jours avant la conférence fédérale du parti qui aura lieu à la fin du mois. M. Aust a été critiqué par les partisans de Maximilian Krah, qui n’a pas été réintégré dans la délégation de l’AfD alors que le groupe envisageait toujours de rejoindre le groupe ID.
Ces espoirs ont toutefois été anéantis la semaine dernière, lorsque les dirigeants du groupe ID se sont réuni et ont décidé de ne pas accepter l’AfD dans leurs rangs.
Certaines sources affirment que la convocation par Emmanuel Macron d’élections législatives anticipées en France a poussé le RN à maintenir le cap concernant l’exclusion de l’AfD.
Bien que d’autres sources mentionnent encore la possibilité de rejoindre le groupe ID après les dernières élections nationales françaises du 7 juillet, le calendrier n’est pas favorable à l’AfD. En effet, les nouveaux partis sans groupe n’attendent pas aussi longtemps pour en rejoindre un.
L’AfD devait choisir : soit trouver de nouveaux alliés, soit attendre et espérer une réadmission dépendant du bon vouloir du RN en tant que dernier parti non affilié, au risque toutefois de se retrouver sans groupe aucun.
La décision a été prise pour éviter ce danger, et il semblerait que les négociations pour un nouveau groupe progressent.
Composition du nouveau groupe
Selon certaines sources, les membres potentiels de ce nouveau groupe proviendraient principalement de la déclaration de Sofia, initiée en avril 2024 par le parti bulgare Vazrazhdane et qui unit neuf partis d’extrême droite. Ils prônent des négociations de paix dans la guerre en Ukraine et l’arrêt de la « bureaucratie irresponsable » de l’Union européenne.
Une autre source de l’AfD au fait des négociations a indiqué à Euractiv que le parti attendait davantage de candidats. Pour rappel, pour former un groupe parlementaire, au moins 23 législateurs de sept Etats membres différents doivent se réunir.
Selon nos informations, une annonce concernant ce nouveau groupe pourrait être faite dès le début de la semaine prochaine.
Le retard de la nomination du président de la Commission a empêché un accord rapide entre les membres potentiels, a expliqué une source. L’Italienne Giorgia Meloni n’ayant toujours pas apporté son soutien à Ursula von der Leyen, la possibilité pour son groupe les Conservateurs et Réformistes européens (CRE) de former une grande alliance avec le groupe ID de Marine Le Pen reste ouverte.
La possibilité de rejoindre un groupe de droite aussi puissant maintient certains partis indécis sur la corde raide.