L'AfD qualifie les manifestations massives d'« ultime effort » pour l'empêcher d'accéder au pouvoir

En Allemagne, les récentes manifestations de masse contre l’extrême droite sont ignorées par l’AfD, qui reste impassible et considère qu’il s’agit d’un « ultime effort » désespéré pour influencer l’opinion publique à l’approche d’élections cruciales.

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Environ 100 000 personnes ont manifesté dans des villes comme Hambourg et Düsseldorf ce week-end, et les manifestations devraient culminer à Berlin ce samedi (3 février). Toutefois, l’AfD ne se laisse pas impressionner par la réaction massive de l’opinion publique. [EPA-EFE/HAYOUNG JEON]

En Allemagne, les récentes manifestations massives contre l’extrême droite sont ignorées par le parti allemand d’extrême droite Alternative pour l’Allemagne (Alternative für Deutschland, AfD), qui reste impassible et considère qu’il s’agit d’un « ultime effort » désespéré pour influencer l’opinion publique à l’approche d’élections cruciales.

Au cours des deux dernières semaines, 1,5 million de personnes sont descendues dans les rues en Allemagne, depuis que le média d’investigation Correctiv a révélé que des membres de l’AfD avaient rencontré des néonazis lors d’une réunion secrète à Potsdam. L’expulsion arbitraire de citoyens allemands issus de l’immigration y a notamment été abordée, ce qui a fait bondir l’opinion publique.

Environ 100 000 personnes ont manifesté dans des villes comme Hambourg et Düsseldorf ce week-end, et les manifestations devraient culminer à Berlin samedi (3 février). Toutefois, l’AfD ne se laisse pas impressionner par la mobilisation massive de la société civile.

« Nous considérons qu’il s’agit d’un ultime effort, pour ainsi dire, pour marquer des points lors des prochaines élections, car les arguments politiques sont épuisés dans les parlements », a déclaré Bernd Baumann, chef du groupe parlementaire de l’AfD, lors d’une conférence de presse à Berlin.

M. Baumann a également tenté d’atténuer le caractère bi partisan des manifestations, affirmant qu’elles ne représenteraient que « l’ensemble de la caste verte et de gauche ».

« Nous avons un total de dix millions d’électeurs et quelques centaines de milliers d’entre eux sont descendues dans la rue pour défendre la politique des Verts. De notre point de vue, il s’agit de différents groupes cibles qui ont été sollicités et qui, ensemble, représentent la totalité de la caste des Verts de gauche en Allemagne », a-t-il déclaré.

Néanmoins, des manifestations de cette ampleur n’ont pas été observées depuis des décennies en Allemagne, dépassant de loin les grandes manifestations contre le Traité de libre-échange transatlantique (TTIP) en 2015, et le mouvement « Vendredi pour l’avenir » en 2019.

Trois élections au niveau des Länder de l’est de l’Allemagne sont prévues cette année, en plus des élections européennes de juin.

Depuis cette révélation, l’AfD a légèrement reculé dans les sondages actuels pour atteindre environ 20 %. Toutefois, le parti continue de surpasser les partis au pouvoir, arrivant juste derrière la CDU, selon un récent sondage.

Le parti est également en tête en Saxe, en Thuringe et dans le Brandebourg, les trois États dans lesquels des élections régionales sont prévues cette année.

Marine Le Pen prend ses distances

Le lien entre l’AfD et la réunion de Potsdam a attiré l’attention au-delà des frontières nationales.

Marine Le Pen, figure de proue du Rassemblement national (RN), a remis en question sa collaboration avec l’AfD au niveau européen, alors que les deux partis travaillent ensemble au Parlement européen, au sein du groupe Identité et Démocratie (ID).

« Nous devrons discuter de différences aussi importantes que celles-ci et voir si elles auront […] des conséquences sur notre capacité à travailler ensemble dans le même groupe [de parti européen] », a-t-elle déclaré aux journalistes lors d’une conférence de presse à Paris jeudi (25 janvier).

En réaction, M. Baumann a annoncé des discussions à venir visant à « rétablir la vérité sur la situation réelle », avant d’ajouter que les déclarations de Mme Le Pen étaient basées sur des articles de presse « complètement erronés en ce qui concerne le ton de la conversation ».