L’Agence européenne de défense jouera un rôle central dans le réarmement de l’UE
L’Agence européenne de défense (AED) sera au cœur des efforts de réarmement de l’UE, si l’on en croit le projet de conclusions du sommet des dirigeants européens qui se déroulera le 23 octobre.
Le renforcement des pouvoirs de l’AED, un organisme intergouvernemental créé en 2004, montre que les États de l’UE souhaitent que le développement de projets européens à grande échelle dans le domaine de la défense reste entre les mains des États membres, plutôt que de renforcer le rôle de la Commission dans ce domaine.
L’agence se chargera de la « mise en œuvre opérationnelle » des travaux visant à réaliser les objectifs définis au niveau de l’UE, selon le projet de conclusions.
La Commission européenne propose quatre grands projets de défense à développer de toute urgence : une surveillance du flanc est, un mur anti-drones, un bouclier de défense aérienne et un bouclier de défense spatiale, selon un projet de feuille de route pour 2030 consulté par Euractiv.
La feuille de route sera officiellement publiée jeudi 16 octobre. Son contenu et les priorités qui en découlent seront discutés et approuvés par les Vingt-Sept à un stade ultérieur, la politique de défense étant une prérogative nationale.
L’examen annuel coordonné en matière de défense (EACD ou CARD, selon l’acronyme anglais) de l’AED, qui suggère des options de collaboration sur des projets de défense aux États de l’UE, servira de base pour mesurer les progrès en matière de réarmement, peut-on également lire dans le document.
Cette évaluation sera présentée aux dirigeants de l’UE dans le cadre d’un rapport annuel sur l’état de préparation de la défense, proposé par la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, en septembre.
Ces deux initiatives ne signifient rien de moins que la renaissance de l’AED.
Au cours des trois dernières années, l’agence a été largement mise à l’écart de la plupart des nouveaux travaux de l’UE en matière de défense et n’a été que partiellement impliquée dans la coordination des efforts d’approvisionnement commun, sous réserve de la volonté des pays de l’UE.
L’Allemagne, en particulier, s’est efforcée de mettre les capitales en tête, plutôt que l’agence.
Dans le sillage de ce regain d’intérêt pour l’AED, les dirigeants de l’UE appellent même à « renforcer » l’agence afin qu’elle puisse jouer pleinement son rôle dans le domaine du développement des capacités de défense, de la recherche et des acquisitions.