L'Allemagne appelle l'UE à endiguer l'afflux de migrants à partir de la Biélorussie
L'Allemagne a appelé mardi (9 novembre) l'Union européenne à « prendre des mesures » pour contribuer à endiguer l'afflux à la frontière polonaise de migrants en provenance de la Biélorussie.
L’Allemagne a appelé mardi (9 novembre) l’Union européenne à « prendre des mesures » pour contribuer à endiguer l’afflux à la frontière polonaise de migrants en provenance de la Biélorussie.
« La Pologne ou l’Allemagne ne peuvent faire face à ceci toutes seules », a déclaré le ministre de l’Intérieur Horst Seehofer au journal Bild, exhortant l’UE à « faire front commun ».
« Nous devons aider le gouvernement polonais à sécuriser sa frontière extérieure. Cela devrait être l’affaire de la Commission européenne. Je l’appelle maintenant à prendre des mesures », a-t-il encore dit.
Il a lancé cet appel après que la Pologne a annoncé avoir repoussé la tentative de centaines de migrants de traverser illégalement sa frontière à partir de la Biélorussie, mais que des milliers d’autres étaient massés près de cette limite extérieure de l’Union européenne.
« Nous craignons qu’il ne puisse y avoir une escalade de ce type d’actions à la frontière polonaise dans un avenir proche et de nature armée », a même lâché lundi (8 novembre) devant la presse Piotr Muller, le porte-parole du gouvernement polonais.
Horst Seehofer a à cet égard souligné qu’il soutenait la décision de la Pologne d’ériger un mur à sa frontière avec la Biélorussie.
« Nous ne pouvons pas la critiquer (…) d’avoir protégé les frontières extérieures de l’UE », a-t-il dit.
« Pas en utilisant des armes à feu bien sûr, mais par d’autres moyens disponibles », a ajouté le ministre.
L’UE accuse le président biélorusse Alexandre Loukachenko de faire venir par avion à Minsk, la capitale de son pays, des migrants du Moyen-Orient et d’Afrique, puis de les envoyer à pied vers l’Union européenne en représailles aux sanctions imposées par Bruxelles en raison de la répression de l’opposition à la Biélorussie.
M. Loukachenko rejette quant à lui cette accusation.
Face à cette situation, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a pour sa part appelé lundi les Etats membres de l’UE à donner leur feu vert à de nouvelles sanctions.
« L’instrumentalisation des migrants dans un but politique est inacceptable », a-t-elle jugé dans un communiqué. Outre une extension des sanctions contre le régime de Minsk, elle souligne que l’Union européenne « va examiner comment sanctionner les compagnies aériennes de pays tiers » qui acheminent les migrants vers la Biélorussie.
Voisine de la Pologne, l’Allemagne a vu une forte augmentation du nombre des migrants en provenance de la Biélorussie.
Rien qu’en octobre, ils étaient près de 5.000, selon les autorités allemandes.
Berlin a réagi en renforçant les contrôles aux frontières et en y déployant des policiers supplémentaires.
« L’Allemagne pourrait très rapidement envoyer des forces de police pour aider la Pologne, si celle-ci le souhaite », a en outre dit à Bild Stephan Mayer, un haut responsable du ministère allemand de l’intérieur.