L’Allemagne cède à la pression et livre des véhicules de combat à l’Ukraine

Le gouvernement a fait volte-face concernant le soutien à l’Ukraine et a donné son feu vert à la livraison de véhicules de combat Marder et de systèmes patriotiques à ce pays déchiré par la guerre, après des mois d’hésitation, a déclaré le gouvernement jeudi.

EURACTIV Allemagne
Military ferry service on the river Elbe
L’Allemagne s’était jusqu’à présent opposée à la livraison de chars et d’autres armes lourdes au pays déchiré par la guerre, soutenant qu’elle ne le ferait qu’en coordination avec ses alliés et ne ferait pas cavalier seul. Toutefois, après que la France a annoncé hier la livraison de chars légers à l’Ukraine, la pression s’est accentuée sur le chancelier allemand Olaf Scholz pour qu’il fasse de même. [CLEMENS BILAN/EPA-EFE]

Le gouvernement a fait marche arrière concernant son soutien à l’Ukraine et a donné son feu vert à la livraison de véhicules de combat Marder et de systèmes de défense aérienne Patriot, après des mois d’hésitation.

Cette annonce jeudi (5 janvier) arrive juste après l’annonce de la France, qui s’engageait mercredi (4 janvier) à livrer des chars légers à l’Ukraine.

Après un appel avec le président américain Joe Biden, le gouvernement allemand a annoncé qu’il livrerait les véhicules de combat d’infanterie Marder en même temps que les Bradley américains. En outre, l’Allemagne livrera une batterie de missiles antiaériens Patriot pour aider l’Ukraine à repousser les attaques de drones russes.

« C’est une bonne décision. L’Ukraine a le droit de se défendre contre l’attaque russe, et nous avons le devoir de l’aider à le faire », a déclaré le ministre allemand de l’Économie Robert Habeck dans un communiqué.

L’Allemagne livrera des véhicules de combat d’infanterie, qui seront très probablement issus des stocks de son industrie de l’armement. Le véhicule blindé de type Marder figure sur la liste de l’Ukraine depuis avril et Kiev était de plus en plus frustré par le refus de l’Allemagne de livrer ces véhicules de combat. Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, avait qualifié cette hésitation de « déception ».

« Il n’y a pas un seul argument rationnel pour lequel ces armes ne peuvent pas être fournies, seulement des peurs abstraites et des excuses. De quoi Berlin a-t-elle peur que Kiev ne craint pas ? », avait-il tweeté en septembre.

Une centaine de Marder déclassés sont actuellement stationnés dans les halls d’usine des producteurs d’armes et pourraient être remis en service d’ici quelques semaines.

Le producteur d’armes Rheinmetall a déjà commencé à restaurer plusieurs véhicules de combat d’infanterie Marder provenant d’anciens stocks de la Bundeswehr et serait en mesure de les livrer immédiatement.

L’Allemagne s’était jusqu’à présent opposée à la livraison de chars et d’autres armes lourdes au pays déchiré par la guerre, soutenant qu’elle ne le ferait qu’en coordination avec ses alliés et ne ferait pas cavalier seul. Toutefois, après que la France a annoncé hier la livraison de chars légers à l’Ukraine, la pression s’est accentuée sur le chancelier allemand Olaf Scholz pour qu’il fasse de même.

« L’argument constamment avancé par la Chancellerie fédérale selon lequel l’Allemagne ne doit pas faire cavalier seul est absolument dépassé », a déclaré à l’AFP Marie-Agnes Strack-Zimmermann, présidente de la commission de la Défense au Bundestag, et membre du parti au pouvoir, le FDP.

« La France assume de nouveau le rôle que l’on attendait de l’Allemagne et ouvre elle-même la voie », a ajouté Mme Strack-Zimmermann.