L’Allemagne demande à l’UE de mettre plus rapidement en place des procédures d’asile accélérées
Le ministère de l’Intérieur allemand a demandé à la Commission l’autorisation d’introduire des procédures d’asile accélérées dans ses aéroports plus tôt que prévu, espérant envoyer un « signal » aux autres États membres de l’UE.
Le ministère de l’Intérieur allemand a demandé à la Commission européenne l’autorisation d’introduire des procédures d’asile accélérées dans ses aéroports plus tôt que prévu, espérant envoyer un « signal » aux autres États membres de l’UE afin qu’ils mettent en œuvre la réforme migratoire européenne avant la date butoir de 2026.
L’introduction des procédures d’asile accélérées aux frontières extérieures de l’UE, incluant la détention des demandeurs d’asile, est un volet controversé de la réforme du Pacte sur l’asile et la migration de l’UE adoptée en avril de cette année.
Cette mesure sera principalement mise en œuvre par les États membres avec des frontières extérieures à l’UE, maritimes ou terrestres, tandis que les autres pays sont tenus d’introduire ces procédures dans les aéroports internationaux, qui représentent de facto des frontières avec les pays tiers.
Le ministère de l’Intérieur allemand a affirmé à Euractiv qu’il était déjà en train « d’examiner […] la poursuite du développement » de ses procédures d’asile accélérées dans les aéroports afin de s’aligner sur celles de l’UE.
L’Allemagne aurait demandé à la Commission européenne, qui est censée superviser les procédures accélérées, la permission de les introduire plus rapidement que prévu, comme l’a confirmé la ministre de l’Intérieur Nancy Faeser (SPD/S&D) mardi 8 octobre dans la soirée.
Au moment de la publication de cet article, la Commission n’a pas confirmé sa réponse à cette demande.
Si cette demande est acceptée, l’Allemagne pourra refuser plus rapidement les demandeurs d’asile venant de pays où le taux de reconnaissance de l’asile est faible, comme la Turquie, le Maroc et le Sri Lanka. L’année dernière, seulement 0,1 % de toutes les demandes d’asile en Allemagne ont été déposées dans des aéroports.
« La clé pour limiter l’immigration irrégulière »
Derrière cette mesure se cache la volonté de l’Allemagne d’envoyer un signal aux autres États membres de l’UE, afin de mettre en œuvre au plus vite le Pacte européen sur l’asile et la migration, alors que ces derniers ont jusqu’à 2026 pour y parvenir.
Poussé par les récentes pressions migratoires, Berlin a mis en place des contrôles à toutes ses frontières et envisage des mesures plus restrictives aux niveaux national et européen. Cette question sera débattue lors du Conseil « Justice et Affaires intérieures » de jeudi 10 octobre.
Mais ces mesures ne sont censées que combler le fossé qui nous sépare de l’adoption de la réforme du pacte migratoire, a rappelé la ministre de l’Intérieur Nancy Faeser.
Selon un porte-parole, le ministère allemand de l’Intérieur considère la réforme comme « la clé pour gérer l’immigration dans son ensemble, protéger les normes humanitaires pour les réfugiés et limiter l’immigration irrégulière ».
« L’impact de la réforme du régime d’asile européen commun (RAEC) dépend également de la manière dont elle est mise en œuvre par les autres États membres de l’UE », a expliqué un porte-parole. « Le gouvernement allemand travaille donc intensivement au niveau de l’UE pour s’assurer que la réforme est mise en œuvre rapidement dans tous les États membres », a-t-il ajouté, précisant que des pourparlers étaient en cours.
[Édité par Anna Martino]