L’Allemagne prolonge ses centrales électriques au charbon à l’approche de l'hiver

À l’approche d’un hiver qui sera marqué par une pénurie de gaz, le gouvernement allemand a décidé de retarder la mise en veille de ses centrales au lignite (charbon) pour une saison supplémentaire.

EURACTIV.com
GERMANY ENERGY COAL PHASE OUT PROTEST
Berlin s’est engagé à une sortie progressive du charbon jusqu’en 2030 et a prévu 40 milliards d’euros pour financer cette transition. [EPA-EFE/RONALD WITTEK]

À l’approche d’un hiver qui sera marqué par une pénurie de gaz, le gouvernement allemand a décidé de retarder la mise en veille de ses centrales au lignite (un type de charbon) pour une saison supplémentaire.

Berlin s’est engagée à une sortie progressive du charbon d’ici à 2030 et a prévu 40 milliards d’euros pour financer cette transition.

Les centrales au charbon ont toutefois été maintenues en activité l’année dernière en raison de perturbations de l’approvisionnement en gaz russe suite à la guerre en Ukraine et aux défaillances du nucléaire français.

La mesure d’urgence adoptée l’année dernière sera prolongée pour l’hiver à venir, ce qui permettra de maintenir une capacité de production de lignite de 1,9 GW, qui viendra s’ajouter aux 45 GW de centrales électriques au charbon de l’Allemagne, selon une décision annoncée mercredi (4 octobre) par le gouvernement allemand.

Les centrales au lignite n’ont qu’un seul objectif : maintenir le prix de l’électricité en évitant le recours à des centrales à gaz lors des pics de demande.

« La réserve d’approvisionnement sera réactivée afin d’économiser du gaz dans la production d’électricité et d’éviter ainsi les goulets d’étranglement dans l’approvisionnement en gaz pendant la période de chauffage 2023/2024 », a annoncé le gouvernement.

Les économies de gaz sont estimées entre 3,9 TWh et 5,6 TWh, ce qui permettra de maintenir les prix de l’électricité dans une fourchette de prix de 0,4 € par MWh à 2,8 € par MWh.

Impacts sur le climat

Ces économies ne sont pas négligeables. Cependant, comme les centrales en question fonctionneraient au lignite, très polluant, leur impact sur le climat sera également significatif.

Le gouvernement a annoncé qu’il s’efforcerait d’évaluer les émissions de carbone supplémentaires causées par la prolongation des centrales au charbon.

« L’objectif d’achever idéalement l’élimination progressive du charbon en 2030 reste inchangé, tout comme les objectifs climatiques », a souligné le gouvernement.

Jusqu’à présent, les chiffres corroborent cette affirmation. Au cours du troisième trimestre 2023, le pays a produit la plus faible quantité d’électricité jamais obtenue avec le charbon : 22,2 TWh. À titre de comparaison, il y a huit ans, ce chiffre dépassait les 60 TWh.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]