L’ancien président finlandais Sauli Niinistö va présenter son plan de sécurité pour l’UE

L’ancien président finlandais Sauli Niinistö dévoilera ce mercredi 30 octobre une série de propositions visant à renforcer la défense de l’UE contre différents types de menaces, allant de la menace russe aux catastrophes naturelles.

/ EURACTIV.com
Former President of Finland Sauli Niinistö
L'ancien président finlandais Sauli Niinistö, au siège de la Commission européenne, le 20 mars 2024 à Bruxelles, Belgique. [Getty Images/Thierry Monasse]

L’ancien président finlandais Sauli Niinistö dévoilera mercredi 30 octobre une série de propositions visant à renforcer la défense de l’Union européenne (UE) contre différents types de menaces, allant de la menace russe aux catastrophes naturelles.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a officiellement demandé au Finlandais de rédiger un rapport sur la manière d’améliorer la préparation de l’UE en matière civile et de défense le 20 mars dernier.

« À bien des égards, la guerre d’agression menée par la Russie contre l’Ukraine a mis un terme à de nombreuses illusions : l’illusion que la paix est un état permanent. L’illusion que l’Europe, de son côté, en faisait assez en matière de sécurité — qu’elle soit économique ou militaire, conventionnelle ou cybernétique. […] », écrivait-elle alors dans une lettre ouverte à Sauli Niinistö.

« Il y a quelques mois, vous avez déclaré : “l’Europe doit se réveiller”. Et je suis tout à fait d’accord avec vous. Nous savons que l’ambition [du président russe Vladimir] Poutine ne s’arrête pas en Ukraine », expliquait-elle encore, soulignant la tradition de préparation militaire de la Finlande, où la constitution impose à chaque citoyen de « participer ou d’aider à la défense nationale ».

Outre le fait que les Finlandais « ont appris à vivre à proximité d’un voisin aussi imprévisible et agressif », la présidente de l’exécutif précisait que « la préparation en matière de défense » du pays n’est « pas seulement l’affaire des militaires », mais bien « une question qui concerne l’ensemble de la société ».

« Votre pays dispose d’une stratégie globale de défense civile, de sorte que la population finlandaise puisse être préparée à toutes les situations d’urgence, y compris les menaces militaires, hybrides et les catastrophes naturelles », ajoutait Ursula von der Leyen. « C’est à cela que ressemble une véritable préparation. […] Nous avons donc beaucoup à apprendre de la Finlande. »

Si l’on sait que le rapport qui sera présenté mercredi devrait adopter une vision large de la sécurité européenne — couvrant à la fois les aspects militaires et civiles des risques de conflits militaires, de guerres hybrides et de situations d’urgence dues à des catastrophes naturelles — personne ne sait ce que contiennent concrètement les recommandations Sauli Niinistö.

L’ancien président finlandais a présenté aux ambassadeurs des États membres de l’UE les grandes lignes de son rapport lors d’un déjeuner de travail le 25 octobre, mais a refusé de s’étendre sur les détails de ses recommandations.

Il a décrit la portée de son rapport de manière très large, soulignant la nécessité de renforcer la coordination entre les États membres, expliquent des diplomates de l’UE.

Au cours de la réunion, Sauli Niinistö a mis en avant des défis tels que le changement climatique et la guerre en Ukraine. Il a également mentionné le besoin de préparer les citoyens aux crises sans les effrayer, puis qu’il ne prévoyait pas la création de nouvelles agences européennes et qu’il se concentrait plutôt sur le renforcement des structures existantes et l’amélioration de la coopération dans des domaines tels que le partage de renseignements.

« L’objectif de la présentation était simplement de jauger les positions des États membres », explique un diplomate à Euractiv.

Christophe Hansen, qui devrait devenir le prochain commissaire européen à l’Agriculture, a récemment déclaré au Parlement européen qu’il s’attendait à ce que le rapport de l’ancien président finlandais couvre aussi la sécurité alimentaire.

Sauli Niinistö a quitté ses fonctions de président le 1er mars après deux mandats consécutifs de quatre ans à ce poste, le maximum autorisé en Finlande.

Sous sa présidence, la Finlande a rejoint l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), en avril 2023. Le pays était resté à l’écart de l’alliance militaire pendant la guerre froide, lorsque Helsinki observait une politique de neutralité.

Mais l’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022 a incité la Finlande à demander l’adhésion à l’OTAN, tout comme son voisin de l’ouest, la Suède, qui a rejoint l’Alliance en mars de cette année.

Maria Simon Arboleas a contribué à la rédaction de cet article.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]