Le bilan européen du président présenté sous un jour positif

Nicolas Sarkozy est longuement revenu sur l’accord scellé dans la nuit du 26 au 27 octobre pour contrecarrer la crise des dettes souveraines, mais il a passé sous silence les éléments qui pourraient faire ombrage à son bilan.

EURACTIV.fr
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Nicolas Sarkozy est longuement revenu sur l’accord scellé dans la nuit du 26 au 27 octobre pour contrecarrer la crise des dettes souveraines, mais il a passé sous silence les éléments qui pourraient faire ombrage à son bilan.

L’exercice de vulgarisation des enjeux européens est loin d’être étranger à l’opinion publique allemande, dont l’influence a largement dicté l’attitude d’Angela Merkel pendant les négociations sur le plan de sauvetage de la Grèce. En France, en revanche, la pratique est rare, sinon inexistante. Pour la première fois en huit mois, Nicolas Sarkozy a décidé, le 27 octobre, de rendre compte de son action devant 12 millions de téléspectateurs postés devant leur écran.

A travers un va-et-vient régulier entre l’histoire et l’Europe d’aujourd’hui, le président a concédé, dès les premières minutes, que l’entrée de la Grèce dans la zone euro avait été prématurée  : « Ce fut une erreur. Elle n’était pas prête ».

Passant sous silence les dissensions profondes qui ont l’opposé à Berlin ces derniers mois, il s’est contenté de rappeler l’importance du moteur franco-allemand. « L’Europe n’aurait pas résisté » si les deux pays n’avaient « pas eu les mêmes positions », a-t-il résumé.

« Pourquoi refuser aux Chinois ? »

L’explication du contenu de l’accord scellé dans la nuit du 26 au 27 octobre est restée sommaire. Le but était de rendre la dette de la Grèce « soutenable » en contrepartie des efforts accomplis par le pays. Viennent ensuite les enjeux financiers. Prêter à la Grèce ne fait pas perdre d’argent à la France, a expliqué, en substance, Nicolas Sarkozy. Lors du premier plan de sauvetage, le pays a octroyé 11 milliards à Athènes, qui ont « rapporté 200 millions d’intérêts ». Avec le nouvel accord, c’est une garantie de 25 milliards qui viendra soulager la Grèce.

Une fois le plan bouclé, les réactions sur le rôle accordé aux pays émergents ont fusé. Mais le chef de l’État en a minimisé les conséquences  : « Si les Chinois, qui ont 60% des réserves mondiales, décident de les investir dans l’euro plutôt que dans le dollar, pourquoi refuser ? »Une description surprenante de la démarche des Dix-Sept, qui consiste plutôt à frapper à la porte de Pékin dans l’espoir d’obtenir un appui au rachat de dettes européennes.

L’approche n’a pas fait illusion auprès des élus de gauche.  Nicolas Sarkozy « n’a pas expliqué quelles étaient les limites de l’accord de Bruxelles. Je suis très déçue de sa prestation », a lancé sur la chaîne LCI Eva Joly, candidate écologiste à la présidentielle.

Dividendes

Adoptant un ton habituellement vengeur pour parler du secteur financier, le président s’en est remis au gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, qui « aura pouvoir de sanction et de contrôle ». Le but  : faire en sorte que les dividendes servent à l’augmentation des fonds propres des banques « mais pas aux actionnaires », a lancé le président, sans pour autant détailler les moyens qu’il compte mettre en œuvre.

Dans un deuxième temps, le chef de l’État s’est attardé sur les mesures de rigueur, présentées « dans les dix jours » pour tenir ses objectifs de réduction du deficit. Avec des perspectives de croissance moins bonnes en 2012 (1% contre 1,75% initialement prévu), le gouvernement devra réaliser entre 6 et 8 milliards d’euros d’économies supplémentaires.

Un nouveau tour de vis budgétaire sur lequel le chef d’État n’a pas voulu trop s’avancer. Il s’est contenté d’exclure « une augmentation généralisée de la TVA », estimant que cela pèserait lourdement sur le pouvoir d’achat. Et de suggérer que les importations pourraient participer au financement de la protection sociale.

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