Le budget 2013 de l'Espagne annoncerait-il un renflouement international ?
L'Espagne a annoncé jeudi (27 septembre) un budget de crise pour 2013 qui se fondera surtout sur des réductions des dépenses. Nombreux sont ceux qui considèrent ces coupes comme une tentative de remplir les conditions d’un renflouement international.
L'Espagne a annoncé jeudi (27 septembre) un budget de crise pour 2013 qui se fondera surtout sur des réductions des dépenses. Nombreux sont ceux qui considèrent ces coupes comme une tentative de remplir les conditions d’un renflouement international.
Les budgets de différents ministères ont été réduits de 8,9 % en moyenne pour l'année prochaine et les salaires du secteur public ont été gelés pour la troisième année consécutive, alors que le premier ministre, Mariano Rajoy, se bat contre l'un des pires déficits de la zone euro.
« C'est un budget de crise qui devrait nous aider à sortir de la crise […] Dans ce budget, l'ajustement des dépenses est supérieur à celui des revenus », a déclaré la vice-présidente du gouvernement, Soraya Saenz de Santamaria, lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion marathon de six heures.
Confronté à des manifestations contre l'austérité et à la menace de sécession de la Catalogne, une région riche du nord-ouest du pays, M. Rajoy résiste aux pressions de ses partenaires européens et des marchés qui le poussent à solliciter un renflouement. Les raisons de son refus sont qu'il s'inquiète pour sa souveraineté nationale et que le plus grand contributeur de l'UE, l'Allemagne, soutient que le pays n'a pas besoin d'aide.
Le budget sera examiné par le parlement samedi, mais les débats devraient durer pendant des semaines. Les 17 régions autonomes du pays doivent encore présenter leur budget et trouver 5 milliards d'euros supplémentaires d'ajustements pour atteindre les objectifs globaux de réduction du déficit public.
Les Catalans veulent leur indépendance
Madrid est en pourparlers avec l'UE sur les conditions d'une éventuelle aide qui permettrait à la Banque centrale européenne de lancer son programme d'achat d'obligations, ce qui ferait baisser les coûts d'emprunt insoutenables de l'Espagne.
L'incertitude sur la capacité de l'Espagne à contrôler les dépenses de ses gouvernements régionaux, qui représentent la moitié des dépenses publiques et pourraient mettre en péril l'objectif, s'est accentuée depuis que les Catalans réclament haut et fort leur indépendance.
Jeudi, le parlement de cette région autonome a voté sur l'organisation d'un référendum relatif à son indépendance, mais Mme Saenz de Santamaria a affirmé que la région devrait d'abord demander l'avis du reste du pays.
Les retraites, ciblées par la Commission européenne comme l'un des principaux axes de réforme, augmenteront de 1 % l'an prochain. D'ici la fin de l'année, le gouvernement annoncera une réforme visant à limiter les retraites anticipées et à revoir la soutenabilité du système, ce qui pourrait ouvrir la voie à un recul accéléré de l'âge de la retraite.
Le calendrier détaillé des réformes économiques va au-delà d’exigences de la Commission européenne et est un pas en avant ambitieux , a déclaré le haut fonctionnaire européen en charge des affaires économiques jeudi, en réponse à l'annonce du gouvernement.
« Les réformes visent clairement certains des problèmes les plus pressants », a déclaré le commissaire aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, dans un communiqué.
Tensions dans les villes
Les coupes budgétaires continuent de peser sur la vie des Espagnols et devraient faire l'objet de nouvelles manifestations. Ces manifestations gagnent en violence, la tension monte et la police a recours à la force pour disperser les foules.
Un quart des travailleurs espagnols sont sans emploi et des dizaines de milliers d'entre eux ont été expulsés de leur maison depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008 et que le pays est entré dans sa quatrième année de crise économique.
L'image du premier ministre, tant dans son pays qu'à l'étranger, s'est rapidement détériorée depuis que son parti a remporté la majorité absolue au parlement en novembre dernier.
Les photos de M. Rajoy publiées dans les journaux, le montrant en train de fumer un cigare sur la Sixième Avenue à New York mercredi n'ont fait qu'alimenter les critiques des manifestants rassemblés à Madrid qui lui reprochent son attitude détachée face aux problèmes de l'Espagne.