Le candidat Macron promet 50 milliards d’euros pour la transition écologique

Candidat à sa propre réélection, le président Emmanuel Macron fonde son programme énergétique pour le prochain quinquennat sur 4 piliers : l’efficacité et la sobriété, la complémentarité des énergies, le développement des renouvelables, et les investissements dans le nucléaire.

Euractiv France
French President Macron presidential campaign press conference
Le président et candidat à sa réélection Emmanuel Macron a présenté son programme de campagne lors d'une conférence de presse le 17 mars 2022. [EPA-EFE/IAN LANGSDON]

Candidat à sa propre réélection, le président Emmanuel Macron fonde son programme énergétique pour le prochain quinquennat sur 4 piliers : l’efficacité et la sobriété, la complémentarité des énergies, le développement des renouvelables, et les investissements dans le nucléaire.

A la suite du discours de Belfort, le 10 février, qui esquissait « le destin énergétique » de la France, le président Emmanuel Macron est revenu sur plusieurs de ses annonces lors de la présentation de son programme, le 17 mars en conférence de presse, en vue de la prochaine élection présidentielle. 

« La stratégie de production  que je souhaite porter pour la nation repose au fond sur trois axes : continuer les investissements matière de réduction des consommations, avoir un déploiement des renouvelables massif, reposant sur le solaire, l’éolien en mer et l’éolien terrestre, (…) et la production de nucléaire avec la mise en œuvre immédiate d’un nouveau plan de construction de réacteurs » a ainsi détaillé le candidat.

Pragmatisme

Concernant les énergies renouvelables, le président veut avancer rapidement. A Belfort, déjà, il promettait « la levée des barrières réglementaires tant que les projets sont acceptés localement ».

Et c’est aussi à l’échelon local qu’il souhaite attribuer davantage de compétences et de moyens, avec notamment « la possibilité de transférer des appels d’offres sur les énergies renouvelables aux régions », a précisé le député LREM Jean-Charles Colas-Roy, invité par l’association Equilibre des énergies le 22 mars à débattre du programme d’Emmanuel Macron. 

Le député, qui s’exprimait au nom du président-candidat, a également mentionné une loi d’exception pour les énergies renouvelables. « Certes, il faut prendre en considération l’ensemble des recours qui peuvent être faits, mais il faut aussi accélérer les projets », a-t-il insisté. « Il n’est plus possible qu’un projet, par exemple d’éoliennes en mer, mette douze ou quinze ans à se développer en France, là ou c’est sept ans en Allemagne ».

Cette loi pourrait faciliter la concrétisation de plusieurs annonces du président Macron à Belfort, à savoir la multiplication par dix de la capacité du solaire d’ici 2050, la création d’une cinquantaine de parcs éoliens en mer, ou encore la multiplication par deux de la capacité de l’éolien terrestre.

Le député Jean-Charles Colas-Roy a par ailleurs souligné l’importance de la complémentarité des énergies afin de mieux gérer les pointes de consommation. En plus de travailler sur la flexibilité et l’effacement, Emmanuel Macron mise pour cela sur le développement des réseaux de chaleur et le développement du biogaz. A Belfort, il a notamment confirmé l’objectif, promulgué en 2015 dans la Loi de Transition Énergétique, visant à porter à 10 % la consommation de gaz renouvelable à l’horizon 2030.

La complémentarité énergétique passe également par un réinvestissement du nucléaire. Dans une continuité politique, le président-candidat a confirmé le 17 mars ce qu’il annonçait le 10 février, à savoir la construction de 6 nouveaux réacteurs nucléaires de type EPR 2, une réflexion pour en construire 8 autres, et la prolongation des réacteurs existants avec l’accord de l’autorité de sûreté du nucléaire. 

Sur ce dernier point, Jean-Charles Colas-Roy a indiqué néanmoins que, pour cela, il faudra « changer la loi, puisque [actuellement, nous sommes] sur une fermeture de 14 réacteurs entre 2028 et 2035 ». Le député a également évoqué des investissements dans le nouveau nucléaire (les SMR, petits réacteurs modulaires).

Sobriété tous azimuts

En miroir de cette stratégie de production, Emmanuel Macron a annoncé une stratégie de réduction des consommations dans son discours du 17 mars : « Nous mettrons en place une stratégie pour consommer moins par le changement des comportements, en nous appuyant sur ce que nous avons su faire ces dernières années », par exemple la rénovation thermique des bâtiments.  « L’objectif que je fixe pour les 5 ans à venir, c’est de rénover au moins 700 000 logements par an » a annoncé le président-candidat.

L’efficacité énergétique et la sobriété passeront également par des actions en matière de mobilité électrique, d’économie circulaire, de décarbonation des industries… C’est, ici, les modes de vie qui seront repensés, par une « transition des usages » a souligné Emmanuel Macron le 17 mars. « Nous avons une stratégie qui est cohérente et qui nous permet de réduire nos émissions en production d’énergie comme en consommation » a ajouté le président-candidat.

D’autres mesures sont à son programme, comme des contrats de transition écologique pour accompagner les filières dans la diminution de leurs consommations énergétiques et émissions de CO2, ou comme le conditionnement de la rémunération des dirigeants au respect des objectifs environnementaux et sociaux de l’entreprise.

Pour financer une partie des mesures de ce programme de transition écologique, Emmanuel Macron a prévu 50 milliards. « Nous avons décidé de consacrer 10 milliards d’euros par an à la transition écologique, ce qui fait 50 milliards d’euros sur l’ensemble du quinquennat », a ainsi précisé Jean-Charles Colas-Roy. « C’est un financement pour poursuivre les perspectives de rénovation des bâtiments, les primes à la conversion, le soutien aux réseaux de chaleur, la plantation d’arbres, le soutien à l’installation de nouveaux agriculteurs » a énuméré le député. Le budget pour financer la production énergétique (renouvelable et nucléaire) n’a pas été précisé. 

[Edité par Frédéric Simon]