'Le capitalisme goulash' retient les travailleurs hongrois chez eux [FR]

Les résultats économiques de la Hongrie ne sont pas aussi mauvais que le pensent de nombreux Hongrois - ce qui est une raison suffisante pour retenir les travailleurs au sein du pays, estime le sociologue István Hegedüs dans un entretien exclusif avec EURACTIV.hu

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Les résultats économiques de la Hongrie ne sont pas aussi mauvais que le pensent de nombreux Hongrois – ce qui est une raison suffisante pour retenir les travailleurs au sein du pays, estime le sociologue István Hegedüs dans un entretien exclusif avec EURACTIV.hu

L’autre raison, selon M. Hegedüs, est liée aux valeurs traditionnelles des Hongrois, qui les retiennent souvent sur le territoire où ils sont nés et les dissuadent de vendre leurs biens immobiliers : « Les Hongrois se montrent attachés à la propriété, aux biens immobiliers – ils ne peuvent pas supporter l’idée de s’en séparer. »

D’un point de vue historique, M. Hegedüs rappelle que la Hongrie a connu plusieurs vagues d’émigration. A la suite de la révolution de 1956, le régime a tenté d’enrayer ce départ de travailleurs avec le communisme « goulash », qui utilisait une partie assez élevée du produit national pour augmenter le niveau de vie des citoyens. La Hongrie de cette époque passait alors pour « la baraque la plus gaie du camp socialiste. »

M. Hegedüs précise que les Hongrois ne pourront plus rester immobiles quand la pression économique se fera trop forte. Selon lui, « dans les professions où les compétences sont liées aux langues et où il est possible de trouver un emploi en Europe occidentale, la migration a déjà lieu. »

Concernant le problème de la fuite des cerveaux, il a déclaré : « Le débat s’est récemment concentré sur l’émigration des médecins, qui partent à l’étranger pour être mieux payés. » Certains d’entre eux à Budapest, ajoute M. Hegedüs, se rendent même au Royaume-Uni tous les week-ends pour y travailler.

M. Hegedüs considère que la mobilité accrue des jeunes, notamment des étudiants, pour étudier à l’étranger est une évolution positive. « Vivre à l’étranger ouvre les yeux. Le plus important pour le pays est de ne pas être introverti et provincial. Les Hongrois doivent savoir ce qui passe dans le reste du monde. »

Lire cet entretien dans son intégralité ici.