Le centre-droit, grand favori des élections législatives en Pologne [FR]

Deux formations de centre-droit, issues du syndicat Solidarnosc, devraient être amenées à former le nouveau gouvernement polonais à l'issue des élections législatives du 25 septembre. Partageant la même vision de l'avenir du pays, ces partis divergent cependant sur le contenu des politiques à mettre en oeuvre.

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Deux formations de centre-droit, issues du syndicat Solidarnosc, devraient être amenées à former le nouveau gouvernement polonais à l’issue des élections législatives du 25 septembre. Partageant la même vision de l’avenir du pays, ces partis divergent cependant sur le contenu des politiques à mettre en oeuvre.

Selon la majorité des observateurs, les élections organisées ce dimanche 25 septembre devraient être remportées par une coalition de centre-droit : les derniers sondages semblent en effet garantir une confortable majorité à l’alliance formée par la « Plateforme civique » (PO) et par le « Parti de la loi et de la justice » (PiS), qui devrait remporter entre 350 et 360 des 460 sièges de la diète (le parlement polonais). 

L’arrivée au pouvoir d’un nouveau gouvernement ne devrait pas se traduire par un changement d’orientation de la politique européenne du pays, dont les grands objectifs font l’objet d’un consensus entre les principales formations : la future équipe gouvernementale s’attachera ainsi à obtenir un accord rapide, au niveau du Conseil, sur le budget 2007-2013 de l’Union – l’adoption de celui-ci conditionnant l’octroi à la Pologne d’une enveloppe globale de 80 milliards d’euros de fonds structurels.

Dans le domaine de la politique étrangère, le nouveau gouvernement de coalition polonais devrait conserver une attitude méfiante à l’égard de la Russie et de l’Allemagne, garantir le maintien de troupes polonaises en Irak au moins jusqu’au premier semestre 2006, appuyer l’opposition biélorusse et soutenir la candidature de l’Ukraine à l’entrée dans l’UE.

Avec les élections du 25 septembre prendront fin cinq années de pouvoir des ex-communistes de l’Alliance de la gauche démocratique (SLD), crédités d’un certain nombre de succès (réformes économiques, entrée de la Pologne dans l’UE), mais également accusés d’avoir entretenu un climat de corruption au cours d’une prériode émaillée par une série de scandales financiers.

De nombreux analystes doutent de la pérennité d’une coalition gouvernementale PiS – PO. Les deux formations, tout en partageant la même philosophie générale en matière socio-économique, divergent sur plusieurs dossiers importants, notamment ceux de la rationalisation des dépenses de sécurité sociale et de la réforme fiscale. 

Outre la lutte contre le chômage (qui frappe aujourd’hui 18% de la population active, soit le taux le plus important au sein de l’Union), le passage à l’euro devrait constituer le principal défi du futur gouvernement. Avec un déficit public de 3,6%, le pays est aujourd’hui mal placé pour satisfaire aux critères de Maastricht et entrer dans la zone euro en 2009, conformément à l’objectif que s’est fixé Varsovie. Le PiS et le PO sont aujourd’hui en profond désaccord sur ce sujet (cf. ci-dessous). 

 


Les principaux partis polonais :

Plateforme civique (Platforma Obywatelska, PO)

  • www.platforma.org
  • groupe parlementaire : www.poslowie.platforma.org
  • crédité de 32% des intentions de vote (sondage PBS Sopot)
  • « libéraux-conservateurs »
  • en association avec le PiS, le parti entend mettre fin à la corruption, améliorer le niveau des rentrées fiscales et réduire significativement le taux de chômage ; 
  • souhaite que la Pologne fasse son entrée dans la zone euro le plus rapidement possible
  • propose l’introduction d’un taux d’imposition unique de 15% 
  • s’il arrivait en tête à l’issue du scrutin législatif du 25 septembre, le parti installerait Jan Rokita au poste de premier ministre
  • le dirigeant de la Plateforme, Donald Tusk, est le favori des prochaines élections présidentielles.

Parti de la loi et de la justice (Prawo i  Sprawiedliwo??, PiS)

  • www.pis.org.pl
  • groupe parlementaire : www.kp.pis.org.pl
  • crédité de 27% des intentions de vote
  • « populistes-conservateurs »
  • fait de la relance de l’économie polonaise sa priorité absolue, au détriment de l’objectif d’entrée rapide dans la zone euro (le PiS s’oppose absolument à ce que l’activité économique soit étouffée par une rigueur fiscale excessive) 
  • souhaite ramener les taux d’imposition des entreprises et des particuliers  à    18% et 28% à l’horizon 2009 ; s’oppose au taux d’imposition unique préconisé par le PO 
  • candidat au poste de premier ministre : Jaroslaw Kaczynski 

Auto-défense de la république polonaise (Samoobrodna Rzeczpospolitej Polskiej, SRP)

  • www.samoobrodna.org.pl/00.start 
  • groupe parlementaire : samoobrona.kluby.sejm.pl
  • crédité de 27% des intentions de vote
  • formation représentant les intérêts des agriculteurs : droitière, conservatrice, catholique, eurosceptique. Dirigée par Andrzej Lepper, ancien agriculteur reconverti en tribun démagogue. 

Ligue des familles polonaises (Ligi Polskich Rodzin, LPR) 

Alliance de la gauche démocratique (Sojusz Lewicy Demokratycznej, SLD)

Un parti doit obtenir au minimum 5% des suffrages pour pouvoir entrer au Parlement.

Le taux de participation aux élections législatives de dimanche devrait se situer aux alentours de 60%.