Le changement climatique risque de plomber la compétitivité européenne

L'un des auteurs du rapport du GIEC publié le 27 septembre explique à EURACTIV que le réchauffement de la planète nuira fortement à la compétitivité des entreprises européennes.

EURACTIV.com
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L'un des auteurs du rapport du GIEC publié le 27 septembre explique à EURACTIV que le réchauffement de la planète nuira fortement à la compétitivité des entreprises européennes.

« Si le [changement climatique] se produit dans de nombreuses régions du monde et si vous avez construit des infrastructures pour gérer le climat actuel, vous devrez inévitablement vous adapter […] », avance Peter Thorn, membre du Groupe intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

Il ajoute : « Il ne fait aucun doute que si nous voulons éviter un changement climatique supérieur à deux degrés, les dirigeants politiques doivent mettre en place des mécanismes qui assurent le maintien d’une grande quantité de carbone dans le sol. »

Un groupe de travail du GIEC devrait publier une évaluation plus complète des risques au printemps, a-t-il expliqué à EURACTIV depuis la conférence à Stockholm.

Le cinquième rapport d'évaluation du GIEC, qui rassemble les scientifiques les plus éminents au monde, se concentre sur les preuves empiriques selon lesquelles l'homme est à l'origine du changement climatique.

Il en ressort que la température a augmenté de 0,85 °C depuis 1880. Il est « extrêmement probable », c’est-à-dire à 95 %, que les humains en soient la « cause principale ».

Lorsque les dirigeants européens consulteront le rapport, leur attention pourrait être détournée, car les effets prétendus des politiques climatiques sur la compétitivité européenne, les prix énergétiques en particulier, ont pris de l'ampleur sur la scène politique cette année.

La semaine dernière, Markus Beyrer, le directeur général de BusinessEurope, une fédération qui représente les plus grandes entreprises d'Europe, a envoyé une lettre au Conseil « compétitivité ». Il y explique que l'Union doit réduire progressivement son soutien du marché aux énergies renouvelables et accélérer son allocation prévue de crédits carbone gratuits aux industries énergivores.

La Commission européenne a récemment décidé de réduire l'émission de quotas de carbone gratuits, ce qui « ajoutera des centaines de millions d'euros aux coûts de l'énergie qui ne sont déjà pas compétitifs en Europe », a-t-il écrit dans la lettre.

L'UE estime que ces mesures sont nécessaires pour doper les prix du carbone qui ont atteint des niveaux historiquement bas cette année. Des prix planchers incitent donc à une plus grande consommation du charbon bon marché américain et augmentent les émissions de l'UE.

Le GIEC reste généralement neutre dans les débats politiques sur la prise de décision. À Stockholm, Rajendra Pachauri, le président du panel, a seulement annoncé lors d'une conférence de presse que la tarification du carbone était un « instrument extrêmement efficace ».

« Dans l'analyse finale, ce n'est que par l'intermédiaire du marché que nous pourrions être en mesure d'apporter une réponse vaste et rapide [au changement climatique] », a-t-il ajouté.