Le chef de l’opposition grecque dénonce l’« oligarchie » de Kyriakos Mitsotakis

Le chef de l’opposition grecque a critiqué le Premier ministre après son discours au Parlement européen à l’occasion du septième anniversaire du référendum grec au cours duquel les citoyens avaient voté massivement contre les mesures d’austérité imposées par l’UE.

/ EURACTIV Grèce / EURACTIV.com
Pre-election rally of Yanis Varoufakis, former Greek finance minister and co-founder of DiEM25 in Athens
Yanis Varoufakis, ancien ministre des Finances du gouvernement Syriza d’Alexis Tsipras au moment de l’apogée de la crise financière en Grèce, et aujourd’hui leader du parti d’opposition Mera25, a confié à EURACTIV que M. Mitsotakis représentait « l’oligarchie qui dirige l’Europe » et qui est « déterminée à entraver la démocratie européenne ». [EPA-EFE/SIMELA PANTZARTZI]

Le chef de l’opposition grecque, Yanis Varoufakis, a critiqué le Premier ministre Kyriakos Mitsotakis après son discours au Parlement européen à l’occasion du septième anniversaire du référendum grec, mardi (5 juillet), au cours duquel les citoyens avaient voté massivement contre les mesures d’austérité imposées par l’Union européenne.

Dans son discours, le Premier ministre grec a déclaré que « la Grèce de 2022 n’a rien à voir avec [celle de] 2015 » et que son gouvernement fait entrer la Grèce dans une « nouvelle ère ».

La participation de M. Mitsotakis au débat en plénière s’est faite dans le cadre de la récente décision du Parlement européen d’inviter le Premier ministre d’un État membre lors de chaque session plénière pour débattre de la situation actuelle de l’UE et des priorités de son pays.

La plupart des débats qui ont eu lieu récemment ont porté sur la guerre en Ukraine et la crise énergétique.

M. Mitsotakis a quant à lui évoqué « la croissance, la réduction du chômage, l’augmentation des investissements » et le fait que son pays est « libéré d’un régime de surveillance renforcée ».

Cependant, Yanis Varoufakis, ancien ministre des Finances du gouvernement Syriza d’Alexis Tsipras au moment de l’apogée de la crise financière en Grèce, et aujourd’hui leader du parti d’opposition Mera25, a confié à EURACTIV que M. Mitsotakis représentait « l’oligarchie qui dirige l’Europe » et qui est « déterminée à entraver la démocratie européenne ».

Faisant référence à la période située autour du référendum de 2015, M. Varoufakis a déclaré que « la démocratie européenne a eu une chance de respirer à nouveau lorsqu’un peuple européen — les Grecs — s’est levé et a dit non à la troïka misanthrope et anti-européenne et à son dernier programme d’austérité ».

Ayant mené la campagne contre le plan aux côtés de M. Tsipras, M. Varoufakis a décrit ce « non » comme un grand moment pour la démocratie européenne, et il a accusé M. Mitsotakis de dénigrer ce « moment magnifique » pour celle-ci.

Mais M. Varoufakis n’a pas été le seul à critiquer le Premier ministre grec. Pendant le discours, certains eurodéputés ont interpellé le Premier ministre grec sur des questions intérieures telles que le déclin de la liberté de la presse et de l’État de droit.

M. Mitsotakis s’est empressé de rejeter leurs accusations, affirmant que la liberté de la presse est garantie en Grèce et que les classements effectués par les ONG ne sont pas fiables. Il a même brandi des exemplaires de quotidiens grecs pour illustrer son propos.

Dans le classement mondial de la liberté de la presse 2022 établi par Reporters sans frontières, la Grèce a plongé à la 108e place, le plus mauvais résultat pour un État membre de l’Union européenne.

Une source de l’organisation a confié à EURACTIV que les problèmes de liberté de la presse dans le pays sont comparables à ceux auxquels sont confrontés les médias indépendants de Hongrie.

Un peu de contexte

La crise économique grecque, qui a conduit le pays au bord du défaut de paiement, a contraint Athènes à s’engager dans une série de programmes de sauvetage de l’UE et du Fonds monétaire international (FMI) pour un montant total de 400 milliards d’euros, en échange de sévères réductions des dépenses et de hausses d’impôts.

En juillet 2015, plus de 60 % des citoyens grecs ont voté contre les conditions du plan de sauvetage lors d’un référendum organisé par le gouvernement, M. Tsipras, faisant craindre que le pays ne soit contraint de quitter la zone euro.

Dans les semaines qui ont suivi, un accord de sauvetage révisé a finalement été conclu entre la Grèce et ses créanciers.