Le choix du commissaire italien toujours inconnu malgré l'approche de la date butoir

La nomination par l'Italie de son commissaire européen se fait de plus en plus attendre. Cependant, la Première ministre Giorgia Meloni continue de faire patienter Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne.

EURACTIV Italie
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La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen (à gauche), et la Première ministre italienne, Giorgia Meloni (à droite). [<a href="https://epaimages.com/search.pp?flush=1&multikeyword=von%20der%20leyen%20meloni&startdate=&enddate=&autocomplete_City=&metadatafield5=&autocomplete_Country=&metadatafield44=&autocomplete_Person=&metadatafield39=" target="_blank" rel="noopener">EPA-EFE/OLIVIER HOSLET</a>]

La nomination par l’Italie de son commissaire européen se fait de plus en plus attendre. Cependant, la Première ministre Giorgia Meloni continue de faire patienter Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. L’Italie demeure l’un des cinq États membres n’ayant pas encore désigné son candidat.

Bien que Giorgia Meloni ait déclaré à plusieurs reprises qu’elle et Ursula von der Leyen étaient régulièrement en contact, des doutes sont apparus quant à la possible détérioration de leurs relations suite à la décision du parti de la Première ministre italienne de ne pas soutenir la candidature d’Ursula von der Leyen à la réélection au poste de présidente de la Commission, en juillet.

À trois jours de la date butoir, le choix du gouvernement italien n’est pas un secret : tous les dirigeants de la coalition ont exprimé leur soutien à la nomination de Raffaele Fitto, l’actuel ministre des Affaires européennes, du Sud, de la Politique de cohésion et du Plan national pour la reprise et la résilience (PNRR).

La raison pour laquelle ce choix n’a pas été officiellement confirmé n’est pas claire.

Certains pensent que c’est parce que le remplaçant de Raffaele Fitto, qui héritera de la tâche difficile de gérer le PNRR en Italie, n’a pas encore été trouvé.

Pour d’autres, ce retard s’inscrit dans une stratégie délibérée de la Première ministre Giorgia Meloni, visant à maximiser son influence dans les négociations avec la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, concernant le portefeuille dédié au futur commissaire italien.

Ce qui est clair, c’est que le choix de Raffaele Fitto, du parti Fratelli d’Italia (ECR) de Giorgia Meloni, a le soutien des deux partenaires de la coalition : La Legua (Patriotes pour l’Europe) de Matteo Salvini et Forza Italia (PPE) d’Antonio Tajani.

Il ne semble pas s’agir d’un simple compromis, puisque le vice-premier ministre Antonio Tajani a qualifié le ministre des Affaires européennes de « meilleur commissaire possible que l’Italie puisse avoir en ce moment ».

Matteo Salvini s’est montré moins enthousiaste, mais a tout de même soutenu le ministre des Affaires européennes, déclarant qu’il ne voyait « aucun problème… en ce qui me concerne, il serait un excellent commissaire ».

Il est possible que les chefs de la majorité, Giorgia Meloni, Matteo Salvini et Antonio Tajani, attendent la fin des vacances d’été pour discuter définitivement de la question. Le prochain sommet politique qui les réunira le 30 août pourrait être le moment où ils finaliseront leur décision, ce qui correspondrait à la date butoir fixée par Ursula von der Leyen.

Il est également possible que la décision soit officiellement confirmée lors d’un conseil des ministres, et ce dès mercredi 28 août.

En théorie, Ursula von der Leyen a demandé à chaque État de présenter deux candidats, un homme et une femme.

Selon certaines rumeurs, Elisabetta Belloni, diplomate expérimentée et ancienne directrice des Services de renseignement, pourrait être la deuxième candidate, mais il est clair que le gouvernement privilégie une personnalité politique et un rôle de commissaire lié à des questions économiques ou de concurrence.

Cependant, cette décision signifierait que l’Italie ne contribuerait pas à résoudre l’un des défis auxquels la nouvelle Commission est confrontée.

Malgré la demande d’Ursula von der Leyen, seuls cinq des 22 États membres qui ont jusqu’à présent présenté leurs candidats ont désigné une femme.