Le chômage baisse légèrement en zone euro
Le chômage dans la zone euro a connu sa première baisse depuis avril 2011. Un recul qui ne convainc pas les différentes institutions sur le long terme.
Le chômage dans la zone euro a connu sa première baisse depuis avril 2011. Un recul qui ne convainc pas les différentes institutions sur le long terme.
Le recul est léger. Pour la première fois depuis le début de l’année 2011, le chômage dans la zone euro a baissé de 0,1% au mois d’octobre 2013. Il touche maintenant 12,1% de la population active. Une bonne nouvelle qui va de pair avec une hausse légère de l’inflation, selon les données publiées par l'office européen de statistiques Eurostat.
Au mois d’octobre, la zone euro a vu le nombre de demandeurs d’emploi reculer de 61.000 par rapport au mois précédent, où il avait atteint un niveau record de 12,2%.
Cette baisse s’accompagne d’une légère hausse de l’inflation, selon les estimations d’Eurostat. En novembre, elle enregistre une augmentation à 0,9% contre 0,7% le mois précédent.
La reprise des prix intervient après la décision de la Banque Centrale Européenne (BCE) au début du mois de diminuer son principal taux directeur de 0,50 à 0,25%, afin de limiter les risques de déflation en zone euro.
La baisse du taux directeurs était intervenue dans le fil de la publication de l’indice des prix en octobre 2013 de 0,7%, soit son niveau le plus bas en près de quatre ans.
Si la hausse enregistrée en novembre reste une bonne nouvelle, l’inflation reste encore loin des 2% qui sont l'objectif moyen fixé par la politique monétaire.
Sur le front du chômage, se sont toujours 19 millions de personnes qui se retrouvent sans travail dans la zone euro. Et les disparités persistent avec un taux de chômage limité à 5% en Autriche mais qui culmine à 27% en Grèce et en Espagne.
Le chômage des jeunes demeure à un niveau dramatique en Grèce, où les chiffres d'août font état de 58,0% des jeunes de moins de 25 ans au chômage, et en Espagne, où il atteignait 57,4% en octobre. En Allemagne, il n'était que de 7,8%.
En Italie, le chômage des jeunes actifs a également atteint un nouveau record à 41,2% en octobre (663.000 personnes concernées), selon les données de l’emploi, souligne l'Institut des statistiques Italiens (Istat).
Croissance insuffisante
La baisse du chômage pourrait n’être que temporaire, faute de croissance. Dans les dernières prévisions de la Commission européenne, cette dernière estimait que le chômage ne commencerait vraiment à décliner qu'en 2015 au sein de la zone euro. Une reprise tardive qui s’explique par le décalage entre la reprise économique et l’impact sur le marché du travail.
En France, où le nombre de demandeurs d'emploi de catégorie A a diminué de 0,6% au mois d'octobre, son plus bas niveau depuis le mois de mai, les projections restent moroses pour 2014.
Le FMI, la Commission européenne et l'OCDE ne tablent pas sur un recul du chômage en France cette année.
L'OCDE n'anticipe pas de baisse du taux de chômage français avant le deuxième trimestre 2015, le voyant culminer à 11,2% fin 2014 (contre 11% attendu cette année). Les économistes de la Commission européenne le voient monter encore à 11,3% en 2015. Plus optimiste, l'Insee prévoit une stabilisation fin 2013 tout en soulignant que la croissance attendue pour 2014 sera insuffisante pour absorber la hausse de la population active, estimée autour de 115.000 personnes.