Le Comité des régions appelle la Commission à soutenir les régions ultrapériphériques dans le cadre de la relance
Les régions ultrapériphériques ont été particulièrement impactées par la pandémie de Covid-19. Le Comité européen des régions appelle la Commission à leur accorder une « attention particulière ».
Les régions ultrapériphériques ont été particulièrement touchées par la pandémie de Covid-19. Le Comité européen des régions appelle la Commission à leur accorder une « attention particulière » dans le cadre de la relance et du futur partenariat stratégique.
Si la crise sanitaire a eu des répercussions sur tous les pays d’Europe, certaines régions s’en trouvent plus affectées que d’autres. C’est le cas des régions ultrapériphériques, ces neufs territoires, îles et archipels non-continentaux de l’UE – six pour la France (Guyane française, Guadeloupe, Martinique, Mayotte, La Réunion, Saint-Martin), deux pour le Portugal (Açores, Madère) et un pour l’Espagne (Iles Canaries).
« En raison de leurs contraintes permanentes » – l’éloignement, l’insularité, la faible superficie, la dépendance économique à un petit nombre de produits – ces régions souffrent d’un développement plus faible que le reste de l’Union, selon une feuille de route publiée récemment par la Commission européenne. Le taux de chômage y est particulièrement élevé – atteignant jusqu’à 30,1 % -, alors que le produit intérieur brut (PIB), lui, reste largement en dessous de la moyenne européenne.
Et c’est sans compter les effets de la pandémie. Alors que les régions ultrapériphériques dépendent pour beaucoup du tourisme, l’interruption des voyages aura encore aggravé leur situation, selon la Commission. Le changement climatique joue par ailleurs également sa part, les régions ultrapériphériques étant « particulièrement vulnérables » aux phénomènes météorologiques extrêmes.
Dans ce contexte, le Comité européen des régions (CdR) en appelle à la Commission à ne laisser aucune région de côté dans le cadre de la relance européenne. Il serait « essentiel » de tenir compte des besoins de « toutes les régions, à commencer par les régions les plus fragiles » afin de « parvenir à une reprise durable et démontrer que la cohésion est l’une de[s] valeurs fondamentales » de l’UE, a fait savoir le Bureau du CdR dans un communiqué publié la semaine dernière.
Dans une déclaration adoptée vendredi (28 mai), la « Déclaration des Açores », le CdR exhorte ainsi les co-législateurs de l’Union à « envisager une extension des mesures exceptionnelles de flexibilité » actuellement en place. Elle invite également les pouvoirs publics des pays concernées à « tirer parti des plans de relance » afin de stimuler la reprise économique des régions ultrapériphériques à travers une approche « intelligente et durable ».
La pandémie de Covid-19 aurait en outre démontré la « nécessité de placer la croissance durable et l’emploi au cœur de la nouvelle stratégie » de la Commission pour les régions ultrapériphériques, selon le CdR.
Car compte tenu de leurs contraintes « permanentes », les régions ultrapériphériques font l’objet d’un partenariat stratégique au sein de l’UE. Depuis 2004, la Commission adopte régulièrement des communications pour établir et adapter les priorités de ce partenariat. Dans le contexte de la crise sanitaire, la Commission souhaite à nouveau actualiser sa stratégie pour mettre l’accent sur une relance « durable, verte, numérique et équitable », selon sa feuille de route.
Son but : « adapter l’approche stratégique pour tenir compte de l’impact fort de la crise de Covid-19 sur les régions ultrapériphériques », mais aussi aligner cette approche sur les « nouvelles priorités » de l’UE, à savoir la transition numérique et écologique. La Commission souhaite en outre renforcer le dialogue avec ces régions et les soutenir dans l’élaboration et la mise en œuvre de leurs stratégies de développement territorial régional.
La feuille de route en vue de cette communication adaptée est à l’heure actuelle ouverte aux avis et contributions du grand public, pour une période allant encore jusqu’à mercredi prochain (9 juin). S’ensuivront ensuite une période d’ajustement puis une période de consultation publique avant l’adoption définitive de la nouvelle stratégie, prévue pour 2022.