Le commissaire désigné à l’Énergie et au Logement Dan Jørgensen approuvé au Parlement européen
Dan Jørgensen a obtenu le soutien nécessaire des eurodéputés des commissions de l’Industrie et de l’Emploi du Parlement européen pour devenir Commissaire européen à l’Énergie et au Logement.
Dan Jørgensen a obtenu le soutien nécessaire des eurodéputés des commissions de l’Industrie de l’Énergie (ITRE) et de l’Emploi (EMPL) du Parlement européen pour devenir Commissaire européen à l’Énergie et au Logement. Il attend désormais le vote final du collège des commissaires en séance plénière du Parlement.
Le candidat danois a fait preuve d’un mélange de charme, de franchise et de capacité à éviter les questions lors de son audition devant les eurodéputés des commissions ITRE et EMPL mardi 5 novembre.
Résultat des courses : une salve d’applaudissements de la part de ses inquisiteurs à la fin de ses remarques préliminaires et une confirmation, in fine, de sa nouvelle position. Dan Jørgensen attend désormais la confirmation du collège de commissaire par l’ensemble du Parlement européen.
Dan Jørgensen a étayé son audition par de nombreux chiffres, allant du pourcentage d’Européens incapables de chauffer leur maison (10,6 %) à la capacité de la nouvelle interconnexion électrique entre l’Espagne et le Portugal (3,2 GW).
Le candidat danois a également mis à profit son expérience de ministre de l’Énergie pour démontrer une solide connaissance de la politique énergétique. Une expérience remarquée, si l’on en croit les propos tenus par le référent du groupe Renew pour ITRE, Christophe Grudler, bien que les deux hommes s’opposent frontalement, mais poliment, sur le nucléaire par exemple.
Sur ce sujet, comme sur d’autres d’ailleurs, le commissaire confirmé a fait preuve de fermeté, affichant sans ambages ce qu’il pouvait, ou non, promettre, aux eurodéputés.
L’énergie nucléaire
En raison de ses positions antinucléaires distillées ces dernières années, le Danois s’attendait à de fortes pressions. Les eurodéputés ne l’ont en effet pas épargné, tandis que le commissaire confirmé a offert un soutien, mais très limité.
En préambule, il a tout de même rappelé sa croyance dans le « principe de neutralité technologique », visant à respecter la liberté de mix énergétique décarboné des États membres.
Il a avancé que le nucléaire ferait partie du plan d’investissements propres dont il aura la charge, bien que cela n’était pas prévu dans les missions confiées par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
Il a également réitéré son soutien au déploiement des petits réacteurs nucléaires, comme mentionné dans sa lettre de mission.
Cependant, concernant les réacteurs de plus grande taille, les défenseurs du nucléaire seront déçus. Dan Jorgensen a notamment affirmé qu’il ne pourrait « pas promettre » de financements européens à leur développement, bien que conscient, s’est-il dit, de la nécessité de redéployer globalement le nucléaire pour atteindre les objectifs européens de neutralité carbone pour 2050.
Il a également répondu par la négative à la question implicite de Christophe Grudler, eurodéputé français de Renew, en déclarant qu’il ne s’engagerait pas à consacrer davantage de fonds européens au nucléaire.
Géothermie, marché de l’électricité
Dan Jørgensen a précisé qu’il ne prévoyait pas de réviser les règles du marché de l’électricité — une discussion en cours à Bruxelles — et a annoncé qu’il s’engagerait en faveur d’une stratégie européenne sur la géothermie.
Cette dernière est réclamée par le secteur de la géothermie depuis plusieurs années, et le Parlement a lancé un appel similaire dans une résolution de janvier 2024.
Le commissaire désigné danois a également déclaré qu’il souhaitait que l’objectif de l’UE en matière d’énergies renouvelables pour 2040 vienne compléter les objectifs climatiques de la même année, qui font l’objet de discussions.
Cependant, il n’a pas voulu s’engager sur un nouveau délai pour supprimer progressivement les importations de combustibles fossiles russes, bien que plusieurs eurodéputés aient insisté sur ce point. Le Danois a seulement affirmé qu’il souhaitait accélérer l’échéance actuelle de 2027 et qu’il ferait tout ce qui est en son pouvoir pour y parvenir.
Sur d’autres sujets, comme sur les règles de financement durable de l’UE, ou l’acte délégué sur l’hydrogène bas-carbone, Dan Jørgensen n’a tout simplement pas répondu.
Des réactions initiales mitigées
L’eurodéputé socialiste (S&D) Bruno Gonçalves a confié à Euractiv qu’il était très satisfait de l’audition de Dan Jørgensen. Le Danois est, selon lui, l’un des commissaires les plus compétents, précisant qu’une grande majorité des groupes politiques étaient satisfaits.
« Je ne doute pas qu’il ait de bonnes intentions et des ambitions, mais les promesses concrètes se font attendre », a toutefois commenté l’eurodéputé libéral (Renew) Sigfrid Fiis.
« Je ne suis pas content », a déclaré pour sa part le conservateur (CRE) et pro-nucléaire Tchèque Alexander Vondra. Selon lui, Dan Jørgensen ne comprend pas correctement les besoins énergétiques des Européens.
« Ses réponses sont bonnes. Mais elles pourraient être meilleures », a conclu sur X Michael Bloss, eurodéputé et référent des écologistes (Les Verts/ALE).
[Édité par Anna Martino]